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Le marsouin vaquita pourrait disparaître dans moins d’un an alertent des chercheurs

Un marsouin vaquita mort, empêtrés dans un filet de pêche. Crédits : NIicklin Minden / WWF

Le marsouin vaquita, l’un des animaux les plus menacés de la planète, pourrait disparaître d’ici un an si les filets de pêche continuent à être utilisés illégalement, alertent des chercheurs.

Retrouvé uniquement dans le haut du golfe de Californie, au Mexique, le vaquita (Phocoena sinus) est le plus petit cétacé du monde. Mais c’est aussi le plus menacé. Des chercheurs de l’Université de Saint-Andrews, en Écosse, retracent les effectifs de l’espèce depuis 2011, et le constat est clair : en huit ans, le nombre de vaquitas a chuté de 99 %. Il resterait aujourd’hui moins d’une dizaine de spécimens. Et si rien n’est entrepris pour stopper le massacre, l’espèce pourrait tout bonnement s’éteindre dans les prochains mois. Les détails de ces nouveaux travaux sont publiés dans la revue Royal Society Open Science.

Une victime collatérale

En cause ? Les filets de pêche. Le vaquita est une victime collatérale d’un trafic qui sévit au Mexique depuis de nombreuses années. Celui du totoaba, un poisson du coin. Sa vessie se vend en effet à plusieurs milliers de dollars (jusqu’à 3 500 euros le kg) au marché noir chinois, car considérée par beaucoup comme un mets de luxe. Pour capturer les poissons, les pêcheurs placent des filets en mer, et les vaquitas se coincent à l’intérieur. Une fois capturés, la plupart des spécimens ne survivent pas.

Crédits : Wikpédia

Des mesures à prendre d’urgence

Résultat, l’espèce décline. Et dangereusement. Le dernier recensement basé sur un sondage acoustique (nombre de cliquetis) de ces animaux en été 2016 faisait état d’une population de moins de trente individus. Il y en aurait aujourd’hui moins de 10. À ce rythme, et avec un taux de reproduction très faible (une femelle donne naissance à un petit tous les deux ans environ), l’espèce nous semble d’ores et déjà condamnée. À moins que des mesures drastiques soient mises en place le plus vite possible.

« La présence continue de filets maillants illégaux en dépit de l’interdiction d’urgence continue de conduire le vaquita à l’extinction, confirme Len Thomas, principal auteur de l’étude. Des mesures de gestion immédiates sont nécessaires pour sauver l’espèce ». Le gouvernement mexicain avait en effet promulgué en 2015 une interdiction d’urgence de deux ans sur les filets maillants dans toute l’aire de répartition de l’espèce pour éviter leur extinction. Plus de 70 millions de dollars américains avaient également été débloqués pour indemniser les pêcheurs. Mais il semblerait que ça n’ait pas été suffisant.

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