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Le Dilophosaure ressemblait-il vraiment à celui du film Jurassic Park ?

Crédits : capture d'écran Youtube

Dans le film Jurassic Park, le dilophosaure est présenté comme un petit dinosaure ayant recours à son venin pour immobiliser ses proies. En réalité, le prédateur était très différent.

Le dilophosaure ne vous est sûrement pas étranger. Beaucoup se souviennent de lui dans le film Jurassic Park (1993). On le voit alors déployer une large collerette autour de son cou dans le but de se rendre menaçant auprès du pauvre Dennis Nedry, qui tente alors de saboter le parc. L’animal lui crache ensuite son venin épais et visqueux au visage dans le but de l’immobiliser pour mieux le dévorer.

Notez que dans le roman éponyme de Michael Crichton, publié en 1990, le dilophosaure est décrit plus grand (environ trois mètres de haut). Sa taille a été rétrécie dans le film pour que le spectateur ne le confonde pas avec le vélociraptor.

Un dinosaure encore méconnu

Malgré sa renommée à l’écran, les chercheurs n’en savaient que très peu sur le physique de ce dinosaure évoluant il y a 183 millions d’années, au début du Jurassique. Du moins jusqu’à présent. Une récente analyse de plusieurs fossiles nous permet en effet de mieux l’appréhender, ajoutant un peu de clarté au premier dossier de recherche détaillant la découverte du premier fossile de Dilophosaurus en 1954.

Ce fossile avait en effet été reconstruit partiellement avec du plâtre, mais le document publié à l’époque reste un peu confus.

On décrivait alors un dinosaure plutôt svelte, pas très haut, avec de petites mâchoires et arborant deux crêtes en haut de son crâne. Une description qui a pu influencer la représentation de Dilophosaurus dans le roman et le film Jurassic Park. Notez toutefois que ni le venin ni la collerette n’ont de fondement d’un point de vue fossile.

Ces nouveaux travaux, publiés dans le Journal of Paleontology, détaillent cependant un animal différent.

L’étude s’appuie notamment sur l’examen de cinq des spécimens les plus complets retrouvés à ce jour. Tous ont été retrouvés dans la formation Kayenta, en Arizona (États-Unis). Sur cet échantillon, deux spécimens découverts dans les années 80 n’avaient jamais fait l’objet d’analyses poussées.

Ces travaux ont été dirigés par Adam Marsh dans le cadre de son doctorat à la Jackson School of Geosciences d’Austin. Il est aujourd’hui le paléontologue principal du parc national de Petrified Forest (Arizona). L’analyse est également co-écrite par Timothy Rowe, qui a découvert les deux spécimens non étudiés jusqu’alors.

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Une patte arrière droite de dilophosaure conservée dans les Texas Vertebrate Paleontology Collections de l’Université du Texas à Austin. Crédits: Matthew Brown / UT Austin Jackson School of Geosciences

Un dinosaure plus massif que supposé

Sur la base de ces nouveaux travaux, les chercheurs évoquent alors un crâne servant d’échafaudage pour de puissants muscles des mâchoires.

Il a également été constaté que certains des os de ce dinosaure étaient composés de poches d’air. Ces sacs, retrouvés également dans sa boîte crânienne et dans ses deux crêtes, ne sont pas spécifiques à Dilophosaurus.

En effet, les dinosaures les plus massifs présentaient aussi ce type de structure. C’est d’ailleurs cette évolution qui leur a permis de pouvoir atteindre de plus grandes tailles sans être paralysés par leur propre poids. Notez que les oiseaux modernes développent également ce type de poches d’air dans leur os, là encore par souci de légèreté (pour pouvoir voler).

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Une interprétation d’un artiste de Dilophosaurus basée sur les dernières recherches. Crédits : Brian Engh / Le site de découverte des dinosaures de Saint George.

Ainsi, ces nouvelles précisions vont à l’encontre de l’image du dinosaure perçu comme svelte et fragile promue jusqu’à présent dans la littérature scientifique et la culture populaire. « Dilophosaurus était clairement conçu pour être un macro-prédateur », assure Adam Marsh.

Le dilophosaure était finalement un animal de taille imposante – environ six mètres de long pour 750 kilos – capable de s’attaquer à de grosses proies. Nous savons notamment que Sarahsaurus, un sauropode à long cou de la taille d’un SUV, partageait son environnement avec lui. Il est donc possible que cet animal figurait au menu des dilophosaures.