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Le dernier rapport du GIEC annonce une catastrophe dans les océans et la cryosphère

Crédits : PxHere.

Alors que le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) n’a pas encore été publié, celui-ci effraye déjà. Au programme, nous retrouvons quelques phénomènes connus : montée des eaux, effondrement des ressources marines et augmentation des catastrophes naturelles.

Un rapport bientôt présenté

La 51e session du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) se tiendra à Monaco du 20 au 23 septembre 2019. Deux jours après la fin de l’événement sera dévoilé le Rapport spécial sur l’océan et la cryosphère dans un contexte de changement climatique (#SROCC). Ce dernier traite des processus physiques et des impacts des changements climatiques sur les écosystèmes océaniques, côtiers, polaires et de montagne.

Comme à l’accoutumée, le document évalue les conséquences pour les communautés humaines. Il est aussi question des options permettant aux populations de s’adapter aux changements liés au climat pour un avenir plus durable. Rappelons que le GIEC avait publié en octobre 2018 un rapport traitant des conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C. Un autre avait été dévoilé en août 2019 et portait sur le changement climatique, la dégradation des terres et la sécurité alimentaire. Or, ce rapport spécial sur les océans et la cryosphère est comme les autres, source d’inquiétude.

Crédits : Fondation Prince Albert II de Monaco

Catastrophes et sécurité alimentaire

Rappelons que les océans ont assimilé pas moins d’un quart des émissions de GES produits par les humains sur les dernières quatre décennies. En conséquence, ceux-ci sont plus acides, plus chauds et moins salés. La concentration en oxygène à baissé de 2 % en un demi-siècle et devrait encore se réduire si les émissions de GES continuent sur cette lancée. Ceci pourrait causer une baisse de 40 % des réserves alimentaires situées dans les eaux tropicales peu profondes. Évidemment, cela impactera la sécurité alimentaire mondiale.

Citons également les coraux, largement ravagés par les vagues de chaleur marines, comme en témoigne la Grande Barrière de corail australienne. Si ces vagues de chaleur augmentent, des phénomènes comme El Niño verront doubler leur fréquence. Or, ce genre de phénomènes favorisent les incendies de forêt et agissent entre autres sur les cyclones.

Suivant l’intensité du réchauffement global jusqu’en 2100, entre 20 % et 90 % des zones humides pourraient bien être perdues. La hausse du niveau des mers pourrait créer environ 300 millions de réfugiés climatiques dans le scénario le plus optimiste, la moitié d’ici 2050. De plus, une augmentation des catastrophes de type cyclones et inondations impactera les villes côtières mais aussi les petits états insulaires. Par ailleurs, si les pays les plus riches pourront financer des plans de protection, les pays ayant moins de moyens seront démunis.

Davantage de cyclones et d’inondations, auquel les pays les moins riches auront du mal à faire face
Crédits : PxHere

La fonte des glaces semble irréversible

Il faut savoir que la glace des pôles a fondu d’environ 430 milliards de tonnes par an en moyenne depuis une douzaine d’années. Il s’agit donc ici de la principale origine de l’élévation du niveau des eaux. Par ailleurs, les glaciers de montagne sont également très impactés. Selon le GIEC, les glaciers de basse altitude du monde entier pourraient perdre jusqu’à 80 % de leur volume d’ici 2100 ! Le fait est que pas moins de deux milliards de personnes dépendent de ces glaciers pour leur approvisionnement en eau potable.

Un autre problème préoccupe les chercheurs : le pergélisol, cette couche du sol gelée en permanence présente dans les hautes latitudes. Ce dernier couvre presque un cinquième de la surface terrestre, dont 90 % du Groenland, 80 % de l’Alaska, 50 % du Canada et de la Russie (Sibérie). Suivant l’intensité du réchauffement global, le permafrost pourrait presque totalement disparaître d’ici 2100 – au moins d’un tiers dans le plus optimiste des scénarios. Or, la fonte du pergélisol libérera encore plus de GES mais également des substances toxiques comme le mercure.

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