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Le créateur des bébés “génétiquement modifiés” écope de 3 ans de prison

Crédits : Mark Schiefelbein

Le chercheur à l’origine de la “création” des premiers bébés “génétiquement modifiés” au monde vient d’être condamné à trois ans de prison par un tribunal chinois.

En novembre 2018, le généticien chinois He Jiankui annonçait avoir modifié le génome de deux jumelles nouveau-nées. Son but : les rendre résistantes au virus du SIDA. Pour se faire, il s’était appuyé sur la méthode CRISPR, qui permet de “couper” des morceaux d’ADN. Ici en l’occurence, un gène appelé CCR5.

Ce processus, à l’époque, n’avait jamais été utilisé pour modifier des embryons humains avant leur transfert dans l’utérus dans le cadre d’une fécondation in vitro.

Certains avaient alors salué l’exploit, à l’instar de George Church, généticien de renom à l’Université Harvard. Ce dernier avait en effet expliqué vouloir défendre toute tentative de modification génétique du VIH, qualifiée de “menace majeure et croissante pour la santé publique“.

D’autres en revanche avaient contesté la pratique, craignant une pente savonneuse menant à une nouvelle forme d’eugénisme.

C’est inacceptable“, avait par exemple jugé le docteur Kiran Musunuru, expert en édition de gènes à l’Université de Pennsylvanie, soulignant une expérience “immorale” sur le plan éthique. “C’est beaucoup trop prématuré“, avait de son côté Eric Topol, directeur du Scripps Research Translational Institute en Californie.

bébés génétiquement modifiés
He Jiankui, à l’origine de la naissance des premiers bébés humains génétiquement modifiés. Photo AP / Mark Schiefelbein

Trois ans de prison (et une lourde amende !)

He Jiankui a finalement été condamné à trois ans de prison par un tribunal de Shenzhen. Il devra également s’acquitter d’une amende de 3 millions de yuans (384 000 euros), selon l’agence de presse officielle Xinhua.

Les deux autres membres de son équipe ont également été sanctionnés, mais moins sévèrement. Zhang Renli a été condamné à deux ans de prison et à une amende de 1 million de yuans. Quant à Qin Jinzhou, il a été condamné à une peine de 18 mois et à amende de 500 000 yuans.

Les trois accusés n’avaient pas la certification appropriée pour pratiquer la médecine et, en recherchant la renommée et la richesse, ont délibérément violé les réglementations nationales en matière de recherche scientifique et de traitement médical“, a justifié le tribunal.

À l’époque, la Chine ne disposait en réalité pas vraiment de loi dans ce domaine encore très controversé. Une nouvelle réglementation mise en place depuis le mois de février menace désormais d’une amende de 100 000 yuans les manipulations génétiques.

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