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Le Covid-19 circulait à New-York dès février dernier indiquent des études génomiques

Crédits :mdherskovitz - Istock

Selon plusieurs études génomiques, le coronavirus SARS-Cov-2 aurait commencé à circuler à New-York dès la mi-février. Alors que les suspicions concernant les premiers cas dans ce pays portaient sur une provenance d’Asie, ceux-ci viendraient en réalité d’Europe.

Une contamination depuis l’Europe

Dans un article publié par le New York Times le 8 avril 2020, il est notamment fait mention de recherches menées par l’Université de New York. Selon la généticienne Adriana Heguy, son équipe a analysé 75 échantillons prélevés dans les cavités nasales de patients pris en charge dans trois hôpitaux de New York. Comme chacun le sait, la capitale économique des États-Unis est l’épicentre de l’épidémie avec près de la moitié des décès du pays.

Selon les résultats, la majorité des cas viendraient d’Europe et non d’Asie. Ceci s’expliquerait par le fait que les États-Unis ont réduit assez tôt leurs échanges aériens avec la Chine. Dès le 31 janvier, le gouvernement interdisait d’entrée sur le territoire les étrangers ayant transité par la Chine dans les deux semaines précédentes. Cependant, le président Donald Trump a attendu la mi-mars pour interdire l’entrée des voyageurs européens aux États-Unis.

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Crédits : geralt/pixabay

Le Covid-19 serait arrivé du Royaume-Uni

Si le premier génome du Covid-19 a été séquencé à la fin janvier, pas moins de 3 000 opérations similaires ont eu lieu depuis. Or, certains génomes sont identiques à la source originelle et d’autres portent des mutations distinctives. Il faut savoir que les virus mutent en permanence en se répliquant. Or, chaque cycle provoque de petites erreurs, ce qui permet de reconstituer l’itinéraire d’un virus. Grâce à leurs analyses, les meneurs de l’étude ont donc estimé avec une forte probabilité que le Covid-19 soit arrivé du Royaume-Uni pour contaminer les États-Unis.

Les chercheurs estiment également qu’un programme de tests mis en place dès le départ aurait permis de détecter l’épidémie bien plus tôt. Ceci aurait évidemment permis d’éviter la flambée actuelle de cas aux États-Unis et les incroyables prévisions dévoilées récemment. Actuellement, le bilan de ce pays fait état de plus de 430 000 cas pour presque 15 000 décès. Rappelons tout de même qu’à la Maison Blanche, nous parlons de 100 000 à 200 000 morts après la fin de l’épidémie !

Enfin, la prochaine étape des chercheurs est d’amplifier le programme de séquençage et parvenir à analyser environ 200 échantillons par semaine. L’objectif ? Constituer une bibliothèque de milliers de génomes. Ce genre de travail est également en cours dans d’autres pays et les données qui en résulteront devraient faire l’objet d’un partage.