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Le coronavirus peut-il se propager dans des conditions chaudes et humides ?

Crédits : tumisu/Pixabay

Un patient testé positif au coronavirus SARS-CoV-2 pourrait avoir transmis le virus à huit autres individus en bonne santé dans un centre de bains publics à Huai’an, à environ 700 km au nord-est de Wuhan, en Chine.

De nombreuses maladies infectieuses croissent et décroissent au cours d’une année. Elles sont alors dites “saisonnières”. Certains virus, comme ceux de la grippe, sont plus à l’aise lorsque le temps devient froid et sec, par exemple. C’est pourquoi l’arrivée des beaux jours signale généralement la fin de l’épidémie grippale.

Il a été suggéré que le coronavirus Sars-Cov-2, qui se transmet de la même façon, pourrait lui aussi se faire naturellement plus discret dans un environnement chaud et humide. Mais est-ce vraiment le cas ? Une récente étude publiée par des chercheurs de l’Université médicale de Nanjing laisse planer le doute.

L’étude de cas

Les données de ces travaux, détaillées dans la revue JAMA, ont été collectées dans un hôpital de Huai’an, dans la province chinoise du Jiangsu. Neuf patients, qui avaient fréquenté le même centre de bains publics de la ville, ont été hospitalisés du 25 janvier 2020 au 10 février 2020. Des tests PCR (“polymerase chain reaction”) effectués ont permis de constater que toutes ces personnes étaient positives au SARS-CoV-2.

Le centre fréquenté par ces neuf patients (tous des hommes) mesurait environ 300 m2. Il contenait une piscine, des douches et un sauna. Sur place les températures oscillaient entre 25 et 41 ° C selon les endroits, et le taux d’humidité était d’environ 60%.

Le premier patient (1), qui s’était rendu à Wuhan quelques jours plus tôt, s’est douché dans le centre le 18 janvier 2020. Il a commencé à ressentir de la fièvre le 19 janvier 2020 et a été diagnostiqué positif au COVID-19 le 25 janvier suivant.

Sept autres patients ont pris une douche, utilisé le sauna et nagé dans le même centre le 19 janvier (patients 2, 3 et 4), le 20 janvier (patient 5), le 23 janvier (patients 6 et 7) et le 24 janvier (patient 8). Des symptômes associés au COVID-19 (fièvre, toux, maux de tête, congestion thoracique) sont apparus entre 6 et 9 jours après leur visite dans le centre.

Le patient 9, de son côté, travaillait directement sur place. Ses premiers symptômes se sont déclarés le 30 janvier.

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Un patient testé positif au coronavirus SARS-CoV-2 pourrait avoir transmis le virus à huit autres individus dans un centre de bains publics à Huai’an. Crédits : Khalidshou/wikipédia

Une étude intéressante, mais encore limitée

Ce que suggèrent donc les chercheurs, c’est qu’un “super-épandeur” qui revenait de la ville de Wuhan, considérée comme l’épicentre de la pandémie, pourrait avoir transmis le virus à huit autres personnes dans environnement où la température était supérieure 25° C, et où le taux d’humidité était d’environ 60%.

Ainsi, si effectivement des études antérieures ont démontré que le taux de transmission de certains virus respiratoires semble considérablement s’affaiblir dans un environnement chaud et humide, à en juger par les résultats de ces travaux, il semblerait que la transmissibilité du SRAS-CoV-2 puisse ne montrer aucun signe d’affaiblissement dans un tel cadre, expliquent les chercheurs.

Il convient néanmoins de souligner que cette étude reste limitée par un manque de détails sur les potentielles voies de transmission de l’agent pathogène. Il est en effet aujourd’hui bien établi que le SARS-CoV-2 peut se propager via la projection de gouttelettes respiratoires, et donc par des contacts très étroits. Et, a priori, les patients 2, 3 et 4 ont fréquenté le centre un jour après le passage du patient numéro 1 considéré comme le “super-épandeur”.

Les résultats de cette étude sont donc à prendre avec des pincettes. Néanmoins, expliquent les chercheurs, ils pourraient fournir un nouvel indice épidémiologique permettant de mieux appréhender le comportement de ce nouveau coronavirus.

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