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Le coronavirus entraînerait-il des érections douloureuses et persistantes ?

Crédits : derneuemann/Pixabay

Un patient diagnostiqué positif au coronavirus SARS-CoV-2 a récemment été victime de priapisme. Autrement dit, d’une érection persistante. Les médecins évoquent un possible lien avec le Covid-19.

Il y a quelques jours, un patient français de 62 ans a rendu visite à son médecin généraliste, se plaignant de fièvre, de toux sèche et de diarrhées. Ce dernier, suspectant une infection bactérienne, lui a alors prescrit de la clarithromycine (un antibiotique). Deux jours plus tard, le patient a finalement été hospitalisé à Versailles (Yvelines) suite à un syndrome de détresse respiratoire aiguë particulièrement virulent. Il a donc été placé sous respirateur artificiel.

Une érection persistante

De rapides analyses ont finalement permis de poser un diagnostic d’infection au Covid-19. Durant les examens, les médecins ont néanmoins été surpris de constater que ce même patient était également atteint de priapisme. Ce trouble se caractérise par une érection douloureuse et persistante (plus de quatre heures). Et ce malgré l’absence de stimuli physiques ou psychologiques.

En temps normal, les corps caverneux du pénis se remplissent de sang, ce qui débouche finalement sur une érection. Le problème, c’est que si cette érection dure trop longtemps, autrement dit, si le sang n’est plus évacué ensuite, des problèmes irréversibles sur le pénis lui-même et sur la fonction érectile peuvent alors se manifester. C’est pourquoi il est urgent de traiter la condition à temps.

Conscients du problème, les médecins ont alors compressé le pénis du patient avec des packs de glace, et aspiré le sang maintenu à l’intérieur des corps caverneux. Ils ont alors découvert plusieurs caillots de sang noir, qui témoignent d’un priapisme dit “à flux réduit” (PFR).

Contrairement au priapisme à “flux agrandi”, généré par un défaut de régulation de la tension artérielle, le PFR est le résultat d’une occlusion du flux veineux. Rapidement pris en charge, le patient est ensuite rentré chez lui au bout de quelques jours.

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En examinant un patient atteint du Covid-19, des médecins ont détecté chez lui un cas de priapisme. Crédits : StockSnap / Pixabay

Un lien avec le Covid-19 ?

En plus de la détresse respiratoire, d’autres complications potentiellement mortelles induites par la présence du coronavirus SARS CoV-2 dans l’organisme incluent l’hyper-coagulabilité, qui débouche sur des complications thromboemboliques (formation de caillots menant notamment au risque d’embolie pulmonaire).

Ces conditions touchent environ un tiers des patients en unité de soin intensif. Elles nécessitent alors une stratégie anticoagulante spécifique.

La thrombose veineuse profonde et l’embolie pulmonaire sont les formes les plus courantes de thrombose, soulignent les chercheurs dans l’étude. L’AVC ischémique et le syndrome coronarien aigu ont également été signalés, mais moins fréquemment. En revanche, aucune thrombose du pénis n’avait encore été signalée chez les patients atteints de Covid-19. C’est donc une première.

C’est pourquoi les médecins, qui détaillent le rapport de cas dans The American Journal of Emergency Medicine, évoquent un possible lien avec le nouveau coronavirus. D’autant que les patients atteints du Covid-19 présentent la présence simultanée de tous les éléments favorisant la thrombose. À savoir l’hyperviscosité, l’hypoercoagulation et la dysfonction endothéliale (une diminution de la dilatation des vaisseaux).

« Néanmoins, bien que les arguments en faveur d’un lien de causalité entre le Covid-19 et le priapisme, ainsi que le mécanisme ischémique du priapisme, soient très forts dans notre cas, de plus amples récits de cette nature contribueraient à renforcer les preuves », concluent les chercheurs.