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Le commerce d’animaux sauvages est beaucoup plus important que ce que l’on imagine

Crédits : Pixabay

Selon une récente étude, au moins une espèce de vertébrés sur cinq sur Terre est concernée par le marché des animaux sauvages. C’est beaucoup plus que ce que l’on pensait.

Le commerce des espèces sauvages est un marché lucratif estimé à plusieurs milliards de dollars. Certains animaux sont vendus et achetés pour leur viande ou pour leurs attributs et leurs présumées “vertus médicinales”. Quand d’autres sont appréciés pour leur simple compagnie. Le problème, c’est que ces activités – qu’elles soient légales ou non – favorisent le déclin des espèces. Les rhinocéros, tigres et autres éléphants en sont de parfaits exemples.

Jusqu’à présent, on estimait qu’entre 2000 et 3000 espèces étaient concernées par ces pratiques. Mais une récente étude, publiée dans la revue Science, revoit ces estimations à la hausse.

Une espèce de vertébrés sur cinq

En s’appuyant sur les données de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), des chercheurs des universités de Sheffield et de Floride suggèrent que 5579 espèces de vertébrés sont aujourd’hui concernées. Soit une espèce de vertébrés sur cinq dans le monde. C’est 40 à 60 % de plus que les estimations précédentes.

On apprend également que certains groupes d’animaux sont plus ciblés que d’autres. Notamment les mammifères (27 % des 5420 espèces recensées), et les oiseaux (23 % des 10 278 espèces recensées). Suivent les reptiles et les amphibiens. La grande majorité de ces transactions semblent également s’effectuer en Amérique du Sud, en Asie du Sud-Est ainsi qu’en Afrique centrale.

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Le pangolin, l’une des espèces les plus menacées par le commerce illégal d’animaux sauvages. Ciblé pour ses écailles. Crédits : Wikipédia

Anticiper les trafics

Les chercheurs ont également remarqué que les espèces les plus “appréciées” avaient tendance à être les plus imposantes, avec une forme de différenciation évolutive. Partant de ce constat, ils ont alors été en mesure d’anticiper le nombre d’espèces qui pourraient être, à l’avenir, également concernées par ce commerce. Ils en ont identifié plus de 3000. Ils recommandent ainsi la mise en place de mesures non plus réactives mais proactives, dans le but de protéger ces différentes espèces.

« L’objectif n’était pas seulement de fournir une liste d’espèces menacées, mais de permettre une sorte de commutation proactive, de commencer à penser à des espèces qui risquent déjà d’être attirées dans le commerce – une sorte de liste de surveillance, explique David Edwards, principal auteur de l’étude. Ces informations devraient permettre de cibler les ressources permettant de surveiller le commerce licite et de mettre fin au commerce illicite ».

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