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Le Brésil confirme le premier cas de COVID-19 parmi les peuples indigènes

Crédits : Wikimedia Commons / Neil Palmer / CIAT

Alors que le Brésil enregistrait ce vendredi plus de 8 000 cas de personnes infectées par le coronavirus SARS-CoV-2, et plus de 300 décès, les autorités viennent de rapporter le premier cas parmi les peuples amérindiens d’Amazonie.

Selon le SESAI, la branche du ministère brésilien de la Santé concentrée sur les peuples indigènes du pays, une jeune femme de 20 ans de la tribu Kokama, retrouvée dans le district de Santo Antonio do Içá, dans le nord de l’État d’Amazonas, aurait été testée positive il y a quelques jours au Covid-19. Elle ne présente aucun symptôme de l’infection pour le moment. Les membres de sa famille sont également en observation et ont été placés à l’isolement.

La jeune femme est une professionnelle de santé qui travaillait aux côtés d’un médecin testé positif la semaine dernière après être rentrée de vacances dans le sud du Brésil, peut-on lire dans un communiqué.

Des communautés vulnérables face aux virus importés

Au Brésil beaucoup craignaient ce scénario depuis un certain temps. Les maladies respiratoires sont en effet déjà la principale cause de décès parmi les populations brésiliennes indigènes. Ce qui rend la pandémie actuelle particulièrement inquiétante pour ces communautés.

Le ministre de la Santé Luiz Henrique Mandetta a en effet récemment souligné lors d’une conférence de presse que la santé des indigènes constituait “une grande source d’inquiétude” compte tenu de la vulnérabilité historique de ces communautés face aux virus importés. “Il faut porter une attention décuplée à l’égard de ces populations. Principalement celles qui n’entretiennent que très peu de relations avec l’extérieur“, avait-il ajouté.

Pour rappel, le Brésil compte près de 800 000 Amérindiens répartis dans plus de 300 ethnies. Parmi ces communautés, certaines vivent dans des environnements parfois très reculés du pays, ce qui signifie qu’il est également souvent impossible de leur porter assistance en cas d’urgence.

Sofia Mendonça, chercheuse à l’Université fédérale de São Paulo et médecin hygiéniste, a même été plus loin, déclarant qu’une propagation incontrôlée du virus à travers les communautés pouvait provoquer “un génocide”.

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Les groupes ethniques ayant peu de contacts avec l’extérieur, tels que les Suruwahá (photo), peuvent être particulièrement vulnérables aux maladies respiratoires. Crédits : FUNAI

Mesures préventives

Pour ces raisons, les principaux dirigeants autochtones arrivant de l’étranger, souvent après des déplacements avec des ONG, ont été invités par les autorités brésiliennes à s’isoler pendant quatorze jours et à ne pas se rendre dans leur village respectif.

Certains groupes ont également instauré leurs propres mesures. À l’instar du peuple Xingu, dans le nord du Brésil, qui ont annoncé leur intention de bloquer les routes menant à leur réserve. Ils n’autoriseront désormais que les professionnels de la santé qui auront été filtrés sur leur territoire.

Selon Sofia Mendonça, la mémoire des épidémies passées pourrait également inciter plusieurs communautés à se diviser et à chercher refuge à l’intérieur de la forêt. “Certains groupes se procureront probablement le matériel dont ils ont besoin pour chasser et pêcher et établiront des camps, explique t-elle, attendant que la poussière retombe“.

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