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À l’avenir, les micro-algues pourraient remplacer le bitume issu du pétrole

Crédits : Maksim / Wikimedia Commons

Un groupe de chercheurs français, membres du CNRS et de l’université de Nantes, a réussi à produire en laboratoire du bio-bitume grâce à des micro-algues. Ces minuscules organismes aquatiques pourraient constituer une alternative au bitume issu du pétrole.

Déjà utilisées en cosmétologie, pharmacologie et dans l’industrie alimentaire, les micro-algues pourraient révolutionner la fabrication de bitume. Un groupe de chercheurs français, dont les recherches sont financées dans le cadre du programme Algoroute par la région Pays de la Loire, a réussi à transformer des micro-algues en bitume dans leur laboratoire. Selon les scientifiques, le bio-bitume aurait des propriétés similaires au bitume issu du pétrole.

Alors que les bio-bitumes développés auparavant utilisaient des huiles agricoles ou des résines de papiers ayant un impact certain du point de vue des ressources alimentaires et de la déforestation, Bruno Bujoli, du laboratoire chimie et interdisciplinarité de l’université de Nantes nous explique que « les micro-algues n’ont pas ce problème : elles sont déjà disponibles sous forme de déchets générés par l’industrie cosmétique. »

Pour obtenir du bio-bitume, les chercheurs ont utilisé de l’eau à très haute pression à partir des protéines contenues dans ces algues pour obtenir une masse visqueuse noire ayant un aspect proche de celui d’un bitume pétrolier. Viscoélastique entre -20 °C et 60°C, le mélange assurerait la cohésion des autres éléments granulaires et permettrait de supporter les charges imposées. Après avoir analysé le matériau, les scientifiques ont conclu que le bio-bitume s’avérait avoir une bonne tenue et une bonne résistance aux contraintes mécaniques.

Le bio-bitume n’a cependant pas encore été testé en conditions réelles et des analyses, notamment pour la durabilité du matériau dans le temps, sont prévues avant de commencer une production de masse dans une dizaine d’années si les résultats sont concluants. Néanmoins, cette alternative au bitume issu du pétrole pourrait ouvrir dans un futur proche de nouveaux horizons et les chercheurs voient plus loin. « On pourrait envisager d’utiliser les déchets de l’industrie alimentaire« , conclut Bruno Bujoli.

Alors, seriez-vous prêts à partir en balade sur des routes faites de peaux de bananes ? Attention tout de même au virage glissant !

Source : Libération