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L’astéroïde Bennu se prépare à recevoir son tout premier visiteur

Crédit : iStock

Un vaisseau spatial de la taille d’un SUV, chargé d’instruments et un bras robotisé extensible, sera bientôt envoyé sur l’astéroïde Bennu. Il promet de revenir avec un souvenir sans précédent: des échantillons de sols extraterrestres qui pourraient nous donner de précieux indices sur le passé de l’Univers.

L’asteroïde Bennu, une roche noire arrondie plus grande que l’Empire State Building, sera la cible visée par une sonde de la NASA qui décollera ce jeudi de Cap Canaveral, en Floride. Un voyage de deux ans (190 millions de kilomètres), à la fin duquel l’engin, nommé Osiris-Rex, se posera sur l’astéroïde 101955 Bennu, probablement composé de restes de l’univers précoce.

Arrivé près de la grosse pierre, le vaisseau spatial passera un certain temps à analyser à distance la surface de l’astéroïde, en utilisant une série d’instruments conçus et construits par plus de 50 étudiants du MIT. Un spectromètre analysera l’interaction des rayons X du soleil avec le sol afin d’identifier les éléments chimiques présents sur la surface de Bennu. L’instrument permettra également aux chercheurs de déterminer les emplacements clés pour que le bras robotique puisse atteindre et attraper un échantillon. Échantillon qui reviendra sur Terre en 2023.

La fusée soutenant le vaisseau OSIRIS6REX, photographié le mercredi 7 septembre 2016 à Cap Canaveral, en Floride (NASA / Joel Kowsky via AP)
La fusée soutenant le vaisseau OSIRIS6REX, photographié le mercredi 7 septembre 2016 à Cap Canaveral, en Floride (Photo credit: NASA/Kim Shiflett)

Bennu a la forme d’une boule, avec une circonférence équatoriale graveleuse. Du moins, c’est ce que les chercheurs pensent. Toujours est-il que l’endroit serait idéal pour prélever un échantillon. Bien sûr, voler vers un autre monde n’est pas simple. Récupérer des échantillons non plus. Nous savons que l’astéroïde tourne sur lui-même toutes les quatre heures. Une rotation suffisamment lente pour que l’engin spatial puisse atteindre et aspirer des échantillons, en utilisant de l’azote gazeux. « Nous sommes en quelque sorte un aspirateur de l’espace », déclarait il y a quelques heures Dante Lauretta, principal investigateur de cette mission.

Bennu est un astéroïde potentiellement dangereux. Il y a une infime chance qu’il puisse frapper la planète dans 150 ans ou plus… Environ un dixième de 1 pour cent, selon le chercheur. « Ce serait une catastrophe naturelle majeure, mais pas un KO pour la Terre ou la vie telle que nous la connaissons », a-t-il souligné.

Du carbone ?

Cette mission devrait aider les scientifiques à mieux comprendre l’évolution des astéroïdes. Bennu à la couleur du charbon, un signe que la roche renferme du carbone qui remonte à l’origine du système solaire, vieux de 4,5 milliards d’années. Si tel est le cas, Bennu serait une véritable capsule temporelle qui pourrait nous aider à comprendre comment la vie a pu germer sur Terre et, éventuellement, ailleurs dans le quartier stellaire.

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