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L’aspirine augmenterait les risques de progression du cancer chez les seniors

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Crédits : PxHere

Selon une étude, l’aspirine accentue les risques d’hémorragie gastro-intestinale chez les seniors atteints d’un cancer. Ainsi, ces personnes devraient éviter de commencer un traitement à base d’aspirine sous peine de voir leur maladie s’accélérer.

Une découverte inquiétante

Par le passé, plusieurs recherches ont estimé que la prise d’aspirine pouvait réduire les risques de développer un cancer, en particulier le cancer colorectal. Néanmoins, ces études intégraient la plupart du temps des volontaires d’âge moyen. Dans le cadre de l’essai ASPREE piloté par la faculté de médecine de la Monash University (Australie) et dont les résultats ont été publiés dans BMJ Journals le 2 août 2020, les chercheurs désiraient vérifier s’il était question d’observations similaires chez les personnes âgées.

L’essai concernait pas moins de 19 114 participants résidant en Australie et aux États-Unis. Il s’agissait d’un suivi de personnes âgées de plus de 70 ans durant environ cinq ans. Parmi les volontaires, certains ont ingéré une dose quotidienne de 100 mg d’aspirine, et d’autres un simple placebo. Selon les résultats, 981 participants sous aspirine et 952 autres sous placebo ont développé un cancer durant l’étude. Ainsi, il n’existe à ce niveau aucune différence significative concernant la prise ou non d’aspirine.

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Crédits : PxFuel

En revanche, les scientifiques ont fait une découverte inquiétante. Selon les résultats, la prise d’aspirine a un lien avec un risque 19 % plus important de recevoir un diagnostic de cancer métastasé. Il est aussi question d’un risque 22 % plus grand dans le cas d’un diagnostic de cancer avancé, parfois jusqu’au stade 4.

Vers une poursuite des recherches

Selon les meneurs de l’étude, les décès étaient particulièrement nombreux parmi les volontaires sous aspirine ayant reçu un diagnostic de cancer avancé. Autrement dit, il est possible que l’aspirine ait un effet indésirable sur la croissance des cancers chez les personnes âgées. Évidemment, ceci implique que le développement soit déjà en cours. Ainsi, ces résultats suggèrent une plus grande prudence dans la prescription d’un traitement chez ces personnes.

Toutefois, l’étude explique que cela ne signifie pas pour autant que les personnes déjà sous traitement depuis un âge plus précoce devraient tout arrêter. Bien que cet essai nécessite des recherches plus approfondies, les chercheurs ont formulé une hypothèse. Selon eux, l’aspirine pourrait agir différemment chez les personnes âgées au niveau cellulaire (ou moléculaire).

Rappelons qu’en 2019, des chercheurs étasuniens ont évoqué les premiers résultats au sujet d’un vaccin très prometteur contre le cancer colorectal. Il s’agit d’un nouveau traitement conçu pour entraîner le système immunitaire à reconnaître les cellules cancéreuses.