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L’analyse (inédite) d’un jeune représentant de l’espèce Homo naledi

Crédits : Gulshan Khan

L’analyse d’un jeune représentant de l’espèce Homo naledi met en lumière la manière dont ce cousin disparu passait de l’enfance à l’âge adulte.

De nombreuses recherches ont été faites sur l’évolution des anciens homininés, mais on en sait encore très peu sur leur croissance et leur développement. La plupart des fossiles retrouvés et analysés représentent en effet des individus matures, dont les os, plus durs et moins poreux, sont plus susceptibles de survivre à l’épreuve du temps.

Ce manque de données a donc limité notre compréhension de la façon dont nos anciens parents sont passés de l’enfance à l’âge adulte. D’où l’importance de cette nouvelle étude, publiée dans la revue Plos One.

L’analyse d’un juvénile

Il y a plus de 200 000 ans, dans le système de grottes Rising Star, en Afrique du Sud, un enfant d’environ 90 centimètres de haut est décédé. Son corps est ensuite resté tapis dans l’ombre aux côtés de 16 autres individus. En 2013, des spéléologues explorant les environs sont finalement tombés sur les restes de ces homininés. L’analyse des fragments d’os et de dents retrouvés sur place ont alors permis de comprendre que ces individus représentaient une toute nouvelle espèce, nommée Homo naledi.

Jusqu’à présent, nous n’avions eu l’occasion d’analyser que des spécimens adultes, mais il y a quelques mois, des anthropologues ont finalement réussi à reconstituer le squelette partiel de cet enfant. Bien que les restes de ce jeune individu – nommé DH7 – soient incomplets, ils présentent un mélange de modèles de maturité – notamment des os bien développés mais non fusionnés – suggérant qu’il s’agissait d’un juvénile tardif.

squelette homo nadeli
Le squelette partiel de DH7. Crédits : Bolter et al.

Entre 8 et 15 ans

Pourvoir déterminer son âge exact reste en revanche aujourd’hui très compliqué dans la mesure où la vitesse de maturation de l’espèce est inconnue.

Si Homo Naledi mûrissait à la vitesse des homininés, plus primitifs et qui ressemblaient davantage à des singes, alors les modèles de maturité suggèrent que DH7 est mort à l’âge de 8 ou 9 ans. En revanche, il est également possible que DH7 ait mûri à un rythme plus lent, à la manière d’Homo sapiens et de Neandertal, présents à la même époque. Si tel était le cas, alors ce juvénile est décédé un peu plus tard, vers l’âge de 15 ans.

Difficile de se prononcer pour le moment donc. Mesurer le taux de développement de cette espèce nécessite pourtant que l’on détermine l’âge de ce juvénile au moment de sa mort. Mais tout n’est pas perdu. L’équipe de recherche dispose en effet de tout ce qu’elle a besoin pour pouvoir le faire : les dents de DH7.

Au fur et à mesure qu’elles se développent, les dents forment en effet des lignes minuscules au niveau de l’émail, qui ressemblent à des anneaux d’arbre. En comptant ces lignes, les chercheurs pourraient potentiellement déterminer, quasiment au jour près, l’âge de DH7.

Le problème est que, pour le faire, les chercheurs doivent soit entailler et détruire l’une des dents du spécimen, soit la soumettre à de puissants rayons X, ce qui pourrait détruire toutes les protéines préservées à l’intérieur. Et nous savons que ces protéines pourraient nous en apprendre davantage sur la relation de Homo naledi avec d’autres homininés, dont Homo Sapiens.

Les chercheurs vont devoir être très méticuleux et choisir la bonne pièce, afin de pouvoir se donner les moyens à la fois de déterminer l’âge de DH7, mais aussi de s’autoriser d’autres recherches à l’avenir à partir de ces échantillons dentaires.

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