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L’Amazonie, important vivier de médicaments actuels et à venir

Crédits : Wikimedia Commons / Neil Palmer / CIAT

Saviez-vous que depuis longtemps déjà, des remèdes provenant de la forêt amazonienne sauvaient des vies ? La Science continue d’ailleurs de découvrir des plantes et des animaux très prometteurs en médecine.

De poison mortel à simple médicament

Depuis plus d’un an déjà, nous devons faire face à la pandémie de Covid-19. La crise a sans doute permis à de nombreuses personnes d’en connaître désormais un rayon sur les questions sanitaires, les vaccins, etc. Toutefois, une nouvelle est peut-être passée assez inaperçue pour la plupart des citoyens. En effet, en avril 2020 en France, les services de réanimation des hôpitaux annonçaient une pénurie de “curare”.

Extraite de certaines lianes d’Amazonie, le curare est utilisé depuis des siècles comme poison par les amérindiens. Ils en enduisent leurs flèches qu’ils lancent avec une sarbacane pour chasser. Quelques instants après avoir été touché, le gibier est empoisonné par paralysie musculaire. Au XVIe siècle, le médecin suisse Paracelse, père de la toxicologie, pensait à juste titre que ce poison mortel pouvait être utilisé en tant que médicament grâce à un dosage précis.

Aujourd’hui, le curare est fréquemment utilisé dans les services de chirurgie ou de réanimation.Il empêche la transmission des impulsions nerveuses motrices aux muscles squelettiques. Ce blocage neuromusculaire provoque ainsi une relaxation musculaire. Dans le cas du syndrome de détresse respiratoire aiguë (forme grave de la Covid-19), le curare facilite la ventilation en permettant un important relâchement au niveau de la paroi thoracique.

De nombreux autres remèdes

Dans son ouvrage The Amazon : What Everyone Needs to Know (2020), l’ethnobotaniste étasunien Mark J. Plotkin rappelle que le curare n’est pas le seul médicament provenant d’Amazonie. Certains remèdes actuels, mais aussi à venir sont originaires de cette contrée. En 2019, des chercheurs brésiliens ont affirmé avoir découvert un nouveau Viagra naturel, à savoir une molécule issue du venin de l’araignée-banane (Phoneutria nigriventer).

araignée-banane
Crédits : Pedro Rocha / Flickr

Citons également l’arbre de l’espèce Croton lechleri, produisant une sève que l’on surnomme “sang du dragon”. Depuis des siècles, les Amérindiens l’utilisent pour traiter les infections, inflammations et autres blessures. Depuis quelque temps, il devient question d’y avoir recours pour traiter les diarrhées et, plus surprenant encore, le VIH. Évoquons aussi les grenouilles à flèche empoisonnée de la famille des Dendrobatidae. De nombreuses espèces sécrètent par la peau des alcaloïdes toxiques leur servant de moyen de défense contre leurs prédateurs. Des chercheurs ont étudié ces amphibiens pour une meilleure compréhension des anesthésies locales et des anticonvulsifs.

Par ailleurs, les chauves-souris sécrètent la draculine, une substance permettant de fluidifier le sang de ses proies. Quant au dos des rainettes singe (Phyllomedusa bicolor), celui-ci est recouvert de kambo. Il s’agit d’un opioïde naturel quarante fois plus puissant que la morphine. Enfin, l’ingrédient actif des champignons hallucinogènes à savoir la psilocybine est actuellement un candidat de choix pour traiter l’anxiété, la dépression ainsi que le stress post-traumatique.