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L’alcool aurait accéléré l’évolution de l’homme !

Crédits : iStock

Qui a dit que l’alcool ne pouvait pas avoir un côté positif ? Des chercheurs américains affirment qu’une mutation de l’ancêtre de l’homme a permis à ce dernier de métaboliser l’alcool éthylique bien plus rapidement qu’auparavant.

« Il y a dix millions d’années, une mutation est survenue chez l’ancêtre africain des humains et des grands singes. Elle lui a permis de métaboliser l’éthanol — ou alcool éthylique — quarante fois plus rapidement ! », estime Matthew Carrigan, paléogénéticien au Santa Fe College situé à Gainesville (États-Unis).

Ainsi, nos ancêtres avaient déjà un certain penchant pour l’alcool, et ce, bien avant les premières cultures de blé ou de raisin ! D’après les calculs de l’expert, la mutation dont il est question ici est intervenue au moment où les primates ont commencé à être dans l’obligation de descendre des arbres nourriciers qui se raréfiaient sous l’effet d’une très longue période de sécheresse. »Ils ont alors commencé à se nourrir de fruits tombés au sol… qui étaient parfois fermentés », indique Matthew Carrigan.

Manifestement, cette habitude est restée et nous en sommes la preuve aujourd’hui. L’ingestion d’éthanol comporte quelques avantages tels qu’un ralentissement du métabolisme ainsi que des facilités au niveau de la digestion ainsi que du stockage des graisses.

Cependant, il incombait à nos ancêtres de métaboliser l’éthanol le plus vite possible « pour éviter de succomber trop vite à l’ébriété », poursuit le chercheur, car « dégringoler, ivre, des arbres ou s’assoupir dans un environnement où rôdaient les prédateurs leur aurait été fatal ».

Ces déclarations donnent plus de crédit à un certain Robert Dudley, de l’Université de Californie, qui avançait en 2004 l’hypothèse des singes ivres stipulant que l’attraction des humains pour l’éthanol pourrait avoir des bases génétiques provenant de la grande dépendance des ancêtres primates de l’homo sapiens aux fruits (très mûrs ou pourrissant) comme source de nourriture.

Pour Roger Morse, professeur de l’Université Cornell et apiculteur aujourd’hui défunt, les abeilles ont joué un rôle dans cette évolution et auraient permis aux hommes de ne pas se contenter seulement de fruits pourrissants comme source d’alcool. Ce dernier imaginait un tronc gorgé de cire et de miel tombé au sol et détrempé par les pluies. Après être dilué dans l’eau les levures auraient entamé une fermentation pour former ensuite un hydromel.

« Et un hominidé, par l’odeur alléché, aurait pu y goûter et partager sa découverte avec les siens, ouvrant la voie aux premières libations », déclare un autre expert en la personne de Patrick McGovern, professeur d’archéologie biomoléculaire à l’université de Pennsylvanie, spécialiste des breuvages anciens.

L’intéressé estime que la rencontre entre l’homme et la vigne s’est produite il y a deux millions d’années lorsque Homo erectus quitte enfin le berceau africain pour le Moyen-Orient avant de vraiment se familiariser avec la plante il y a 500 000 ans en Europe. Cependant, le chercheur estime qu’il est « difficile de savoir quand nos ancêtres ont commencé à conserver ou fabriquer des breuvages enivrants. »

Quoi qu’il en soit, tous s’accordent à dire que l’homme trouve l’origine de sa résistance et de son penchant pour l’alcool dans des temps très anciens, à l’époque des primates végétariens et arboricoles !

Sources : Sciences et AvenirLe Point