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Les bactéries de ce lac suggèrent que la vie aurait pu exister sur Mars

Crédits : Justin Wang

Selon une étude, des micro-organismes se sont adaptés à l’un des environnements les plus hostiles de la Terre, un lac sulfureux et acide au Costa Rica considéré comme un analogue des anciens lacs de Mars.

L’un des environnements les plus hostiles du monde

Située à 2300 mètres d’altitude, Laguna Caliente est l’un des environnements les plus rudes de la planète. Ce lac très sulfureux et également très acide affiche des valeurs de pH comprises entre -0,87 et 1,5, tandis que ses températures oscillent entre 38°C à 90°C. Il intéresse particulièrement les exobiologistes dans la mesure où les compositions minérales semblent similaires à celles relevées en 2004 sur Mars par le rover Spirit, dans le cratère Gusev.

Autrement dit, si la présence de vie pouvait être identifiée dans ce lac, alors nous pourrions imaginer que des micro-organismes ont peut-être également évolué sur Mars il y a plusieurs milliards d’années dans les mêmes conditions. C’est du moins l’idée de base qui motiva Justin Wang et son équipe de l’Université du Colorado à se rendre sur place pour mener des analyses en 2013. Et effectivement, il y avait bien de la vie sur place. À l’époque, les chercheurs n’avaient identifié qu’une seule espèce microbienne provenant du genre Acidiphilium. Ce type de bactérie se trouve couramment dans les drainages miniers acides et les systèmes hydrothermaux.

En 2017, les chercheurs sont revenus après une série d’éruptions pour voir s’il y avait eu des changements dans la diversité. Ils ont également étudié de manière plus approfondie les processus biochimiques de ces organismes.

vie mars
Crédits : Justin Wang

Des organismes parfaitement adaptés

Ce dernier travail, publié dans Frontiers in Astronomy and Space Science, montre qu’il y avait un peu plus de biodiversité, mais toujours une dominance de la bactérie Acidiphilium. Grâce au séquençage de l’ADN de ces organismes dans les échantillons du lac, les chercheurs ont également confirmé que ces bactéries développaient une grande variété de capacités biochimiques facilitant leur tolérance à conditions extrêmes et dynamiques. Celles-ci comprenaient des voies pour créer de l’énergie en utilisant du soufre, du fer, de l’arsenic, la fixation du carbone, ainsi que des sucres simples et complexes et des granules de bioplastiques utilisées comme réserves d’énergie et de carbone pendant les périodes de stress.

Jusqu’à présent, les efforts de recherche de la vie sur Mars se sont principalement concentrés sur les lits d’anciens cours d’eau. Ces nouveaux travaux suggèrent qu’une plus grande attention devrait être accordée aux anciennes sources chaudes. « Notre recherche fournit un cadre sur la façon dont la « vie terrestre » aurait pu exister dans des environnements hydrothermaux sur Mars« , notent les auteurs. « Nous espérons que nos recherches orienteront la conversation pour donner la priorité à la recherche de signes de vie dans ces environnements« .

D’ailleurs, plusieurs de ces sites peuvent être retrouvés sur le bord du cratère de cratère Jezero Crater, où se trouve actuellement Perseverance. Peut-être devrions-nous jeter un coup d’œil ?