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Les lacs de l’Arctique sont de potentiels nouveaux émetteurs de carbone

Groenland lac
Crédits : Esti Guinea / iStock

Récemment, des chercheurs américains ont affirmé que de nombreux lacs de l’ouest du Groenland ne sont peut-être déjà plus des puits de carbone. Autrement dit, ces lacs pourraient s’ajouter aux sources émettrices de carbone dans l’atmosphère.

Des puits de carbone devenant émetteurs

Au Groenland, sur une bande d’environ 150 km entre les limites de la calotte glaciaire et la mer du Labrador se trouvent plusieurs centaines de petits lacs. Ces derniers étaient jusqu’à récemment recouverts de glace pratiquement toute l’année. Désormais, ils dégèlent en moyenne une semaine plus tôt et gèlent 11 jours plus tard. En effet, leur saison d’été s’allonge d’année en année en raison du réchauffement climatique, comme l’expliquait une étude de 2021. Or, ce changement s’avère suffisant pour libérer en partie le carbone que renferment les sols de ces lacs depuis des centaines, voire des milliers d’années.

Depuis quelques années, des chercheurs tentent de savoir quelle partie de ce carbone pourrait être relâchée, ce qui dépend de la vitesse avec laquelle s’opère la perturbation du cycle du carbone de ces lacs. Par cycle du carbone, il faut comprendre le cycle naturel incluant la décomposition de la matière organique par des microbes aquatiques (et leurs émissions de CO2) ainsi que les émissions d’oxygène de la part du phytoplancton utilisant le dioxyde de carbone.

Groenland lac
Crédits : Sebastian Steude / iStock

Une « variabilité en augmentation »

Il faut dire que ces centaines de lacs ont été pendant très longtemps des puits de carbone, c’est-à-dire que la majeure partie de leur carbone restait enfouie au fond de l’eau. Par ailleurs, les recherches scientifiques portant sur les impacts écologiques du réchauffement en Arctique se sont principalement concentrées sur les sols et la végétation plutôt que sur la vie aquatique. Toutefois, des observations effectuées sur le terrain tendent à préciser les changements au niveau des écosystèmes.

Dans une publication sur la plateforme Yale Environment 360 du 11 septembre 2023, la biologiste marine Jasmine Saros a évoqué une « variabilité en augmentation ». Il est en effet question d’un élargissement de l’écart entre le maximum et le minimum de couverture glaciaire durant une année. De plus, les pluies ont été abondantes en 2023, ce qui a facilité encore davantage la libération de carbone provenant de ce pergélisol (qui n’en est d’ailleurs plus un).

Enfin, ces résultats montrant que les lacs de l’ouest du Groenland ne sont peut-être plus des puits de carbone doivent pour l’instant être pris avec des pincettes. En effet, ces recherches sont en attente de validation par des pairs afin d’acquérir une réelle validité scientifique. Néanmoins, les experts sont convaincus d’avoir observé durant l’été 2023 des lacs qui seraient déjà devenus des émetteurs nets de carbone.