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Et si l’accélération de l’expansion de l’Univers n’était qu’une illusion ?

Crédits : iStock

De nouvelles recherches indiquent que l’accélération de l’expansion de l’Univers pourrait ne pas être réelle et qu’il s’agirait seulement d’un effet apparent. Les scientifiques remettent en cause le modèle actuel dans lequel intervient l’énergie noire.

Le modèle admis est le suivant : l’Univers déchire lui-même son tissu de façon très lente en raison d’une propriété étonnante que l’on nomme habituellement énergie noire. Celle-ci est une forme d’énergie hypothétique emplissant uniformément l’Univers entier dotée d’une pression négative la faisant se comporter comme une force gravitationnelle répulsive. Non seulement l’Univers est en expansion, mais ce dernier s’étend de plus en plus vite et à terme, tout ce qui existe se diluera dans un néant glacial.

Ce modèle n’est pas très ancien et avait été prédit par Georges Lemaître, un astrophysicien belge, mais il aura fallu patienter jusque dans les années 1990 pour que des observations de supernovae lointaines amènent les astronomes à penser que l’Univers est en expansion et que cette expansion s’accélère inexorablement. L’élément fondamental de ce modèle est donc l’énergie noire qui fait en sorte que les espaces vides s’étendent et deviennent de plus en plus vides.

Une étude récente à paraître dans la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society en novembre 2017 indique que les astronomes de l’époque ont été trompés par le décalage vers le rouge de la lumière de ces supernovae en raison des ondes lumineuses qui s’étirent au fur et à mesure que leur source prend de la distance avec l’observateur. En résumé, l’accélération de cette expansion pourrait n’être qu’une sorte d’illusion causée par une perception erronée de la distribution de la masse dans l’Univers.

Évoquons le principe cosmologique, une hypothèse stipulant que l’Univers est spatialement homogène soutenue par l’apparente uniformité du rayonnement diffus cosmologique (ou rayonnement fossile), le rayonnement électromagnétique provenant de l’époque dense et chaude qu’a connue l’Univers par le passé : le célèbre Big Bang. Pour les chercheurs, le principe cosmologique est une potentielle erreur et l’observation des supernovae lointaines peut avoir une signification nouvelle.

« Bien que la remarquable isotropie du rayonnement diffus cosmologique indique un état initial d’une grande homogénéité, l’Univers postérieur abrite un réseau de structures cosmiques complexes. En terme de volume, cet Univers est dominé par des poches de vide filetées et bordées d’amas de galaxies distribuées en nappes, nœuds et filaments », peut-on lire dans l’étude menée par Lawrence H. Dam, Asta Heinesen et David L. Wiltshire.

Cette hypothèse baptisée « timescape scenario » par les chercheurs suggère donc que l’Univers n’est pas si homogène que les scientifiques le pensaient jusqu’à maintenant. Ainsi, les différences de distribution de la matière dans l’Univers permettent d’imaginer que plusieurs observateurs situés en différents points de l’Univers pourraient avoir leur propre notion de l’expansion de l’Univers. Les chercheurs ne sont pas formels et acceptent la possibilité de faire fausse route, mais cette piste sera encore explorée afin d’affiner l’hypothèse.

Sources : ScienceDailyMotherBoard