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La structure de l’ingrédient actif du Pepto-Bismol a été révélée

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Crédits : Mark Teasdale / Flickr

Bien qu’utilisé depuis plus d’un siècle pour traiter les malaises gastriques, le Pepto-Bismol restait un produit finalement assez méconnu. En effet, la structure du bismuth subsalicylate – l’ingrédient actif du Pepto-Bismol – n’a été documentée avec rigueur que très récemment.

Une structure inconnue depuis 120 ans

Depuis la commercialisation du Pepto-Bismol au début des années 1900 pour le bonheur des estomacs fragiles, la structure moléculaire de son ingrédient actif résistait aux analyses des scientifiques. Selon un communiqué du 13 avril 2022, une équipe de l’Université de Stockholm (Suède) a réussi à lever le mystère entourant la structure de cet ingrédient connu sous le nom de bismuth subsalicylate, ou sous-salicylate de bismuth. Les chercheurs sont parvenus à ces résultats grâce à des techniques avancées de microscopie électronique.

Même s’il n’a pas participé à l’étude, Alexandre Gagnon, professeur de chimie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), a été interrogé sur le sujet par le magazine Quebec Science le 6 septembre 2022. Selon l’intéressé, la structure du bismuth subsalicylate a fait l’objet de spéculations dans les livres de chimie jusqu’à aujourd’hui. L’expert a affirmé que, dans la mesure où le sous-salicylate de bismuth n’est pas soluble, les méthodes traditionnelles ne fonctionnaient pas pour l’analyse de sa structure.

Évoquons notamment la cristallographie aux rayons X, méthode la plus commune pour déterminer la structure des molécules. Cette technique nécessite des cristaux de bonne qualité et en grande quantité, ce qui n’est pas possible avec le bismuth subsalicylate. En effet, l’ingrédient a tendance à former de très petits cristaux.

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Crédits : ajay_suresh / Wikimedia Commons

Le recours à deux techniques de pointe

Les chercheurs suédois ont alors eu recours à deux techniques de pointe : la diffraction avec faisceau d’électrons et la microscopie électronique en transmission à balayage. La première technique a donc utilisé un faisceau d’électrons à la place des rayons X, ce qui a permis d’étudier des cristaux de plus petite taille et de moins bonne qualité. Ainsi, les scientifiques ont pu déduire la structure de la molécule en observant l’interaction des électrons avec les cristaux.

Ensuite, la microscopie électronique en transmission à balayage a généré une image montrant l’empilement des molécules. Les chercheurs ont alors découvert que le bismuth subsalicylate a une structure multicouche, avec des variations dans la séquence d’empilement des molécules. L’ingrédient a une belle structure polymérique, expliquant au passage pourquoi celui-ci est insoluble.

Ainsi, après 120 ans de commercialisation du Pepto-Bismol, le médicament est enfin mieux compris. Or, si ces recherches ne changeront rien à sa consommation, celles-ci pourront peut-être permettre d’élaborer un jour un médicament plus efficace.