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La Station spatiale internationale bientôt équipée de nouvelles toilettes

L'astronaute Serena Auñón-Chancellor effectue l'entretien des toilettes à bord de l'ISS. Crédits : NASA

La Station spatiale Internationale sera prochainement équipée d’un nouveau système de toilettes amélioré. Le but : anticiper les besoins des astronautes lors des futures missions longue durée sur la Lune ou sur Mars.

Aller aux toilettes dans la Station spatiale internationale (ISS) n’est pas aussi simple que sur Terre. En l’absence de gravité, les astronautes doivent utiliser un dispositif adapté. L’urine, d’une part, est aspirée par un tuyau disposant d’un entonnoir à l’extrémité. Elle est ensuite transférée dans le Urine Processor Assembly pour être recyclée en eau potable.

Concernant les déchets solides, les astronautes peuvent utiliser un petit siège aménagé au-dessus du conteneur, lui aussi équipé d’une pompe. Une fois celui-ci rempli (à peu près tous les 10 jours pour une équipe de trois astronautes), ce qu’il contient est alors libéré dans l’espace avec les autres déchets du quotidien. Tout est ensuite brûlé dans la haute atmosphère.

Le système fonctionne relativement bien pour l’ISS. En revanche, si nous voulons aller sur Mars, il va falloir changer d’approche.

Repenser la gestion des déchets

L’un des principaux défis concernant l’exploration future de la planète rouge sera de ne pas contaminer les lieux. Et, si effectivement il y a de la vie sur Mars, d’éviter toute contamination croisée entre organismes vivants.

En ce sens, les futurs visiteurs de Mars ne pourront pas adopter l’approche des astronautes d’Apollo sur la Lune, à savoir laisser des sacs de déchets humains sur la surface lunaire.

Outre les soucis de contamination se pose également le problème du volume de déchets générés. Jim Broyan, du Johnson Space de la NASA Center à Houston, estime que dans le cadre d’une mission classique sur la planète rouge, environ 270 kilogrammes de déchets solides, composés à environ 75% d’eau, seront produits par les astronautes.

Ainsi, la collecte et le stockage des déchets humains, qui pèsent lourds et sont remplis de microbes, est un sujet pris très au sérieux par la NASA. À terme, les objectifs seront de rendre les déchets métaboliques “inactifs” sur le plan microbien, éventuellement de réutiliser l’eau disponible, et de réduire la quantité de déchets produits.

Un nouveau système dès l’automne

Depuis quelques mois, l’agence travaille sur un nouveau système. Le Universal waste management system (UWMS) visera essentiellement à combler le fossé entre la technologie actuelle et ce dont les humains auront véritablement besoin pour mener à bien leurs missions dans l’espace lointain.

Autrement dit, ces nouvelles toilettes seront améliorées par rapport au système actuel. La NASA a notamment conservé tous les aspects perçus comme “positifs”, tout en apportant des modifications de conception, comme ajuster la forme du siège et remplacer l’appareil qui comprime les déchets.

Il s’agira également d’échanger avec les astronautes dans le but de l’améliorer encore davantage. Ce sont principalement ces retours qui, à terme, permettront aux ingénieurs de penser et construire le système dont profiteront les futurs explorateurs de l’espace.

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Un prototype du système universel de gestion des déchets. Crédits : NASA

Le lancement de ce nouveau système est prévu pour cet automne. Aucune date précise n’a en revanche été communiquée. On ne sait pas non plus encore quel vaisseau se chargera de le transporter vers l’ISS. L’UWMS restera ensuite à bord jusqu’au démantèlement de la station.

Notez qu’un second système, identique, équipera également la capsule Orion que les astronautes utiliseront pour voler autour de la Lune dans le cadre de la première mission Artemis en équipage (prévue en 2022).

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