Les astronautes de la NASA Anne C. McClain et Christina H. Koch devaient entrer dans l’histoire ce vendredi, formant la première équipe exclusivement féminine à participer à une sortie dans l’espace, depuis l’ISS. Or, ce ne sera pas possible. Pour des raisons techniques.

Un problème de taille

Sur les environ 500 personnes à avoir effectué des sorties extravéhiculaires, moins de 11 % étaient des femmes. Et jusqu’à présent, toutes les équipes invitées à effectuer ces manœuvres en extérieur étaient composées d’au moins un homme. Cela devait changer ce vendredi. Deux femmes astronautes de la NASA – Anne C. McClain et Christina H. Koch – devaient en effet débarquer pour une sortie de sept heures, dans le but de remplacer un système de batteries. Une première historique qui n’aura finalement pas lieu.

Dans un communiqué de presse publié ce lundi, on apprend en effet que l’astronaute Anne C. McClain devra laisser sa place à l’ingénieur de vol Nick Hague. Les raisons sont d’ordre matériel. L’agence américaine évoque un problème de « taille » dans les combinaisons spatiales. La partie censée recouvrir le torse de l’astronaute, qui devait être une taille moyenne, était en fait une grande taille. Trop risqué pour Anne C. McClain.

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L’astronaute Anne C. McClain devra laisser sa place vendredi, pour des raisons techniques. Crédits : Wikipédia

Des « vaisseaux spatiaux personnels »

Les combinaisons d’activité extravéhiculaire (EVA) de la NASA sont en effet de véritables « vaisseaux spatiaux personnels ». Des armures conçues pour maintenir l’astronaute en vie dans l’environnement franchement hostile de l’espace. Il n’y a pas de coupe masculine ou féminine. Au lieu de ça, les combinaisons se composent de plusieurs pièces pouvant s’assembler de manière variée – torse, bras, gants, etc. Chaque pièce est normalement disponible en plusieurs tailles, de sorte qu’une fois assemblée, la combinaison s’ajuste parfaitement au corps de l’astronaute.

Or dans ce cas, une unique taille « moyenne » au niveau du torse est actuellement disponible dans la station. Et c’est l’astronaute Christina H. Koch qui va la porter. Il n’y a au final aucun problème de sexisme, comme cela a déjà été évoqué, mais un problème de combinaison tout court. Et ce n’est pas nouveau. Il y a deux ans, l’agence avait en effet publié un audit des combinaisons actuellement utilisées sur l’ISS, soulignant les préoccupations relatives à l’usure des équipements.

« Sur les 11 combinaisons spatiales complètes et fonctionnelles restantes, quatre sont conservées sur l’ISS et les sept restantes sont sur Terre à divers stades de rénovation et de maintenance », avait-on pu lire à l’époque. Si de nouvelles combinaisons sont en cours de fabrication, l’agence américaine doit en même temps faire face à d’importantes coupes budgétaires. Au final, certaines des combinaisons actuellement portées devront « tenir » jusqu’en 2024. Date à laquelle l’ISS devrait prendre sa retraite.

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