in

La rougeole efface la “mémoire” de notre système immunitaire

Crédits : Pixnio / Dr. Erskine Palmer / USCDCP

Deux études suggèrent que le virus de la rougeole se faufile à l’intérieur de nos cellules immunitaires pour “effacer leurs souvenirs”. Nous serions ainsi de nouveau vulnérables à certaines maladies.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le nombre de cas de rougeole a augmenté de plus de 280% dans le monde depuis 2018. Les patients concernés ont donc été victimes des symptômes de l’infection, mais pas que. Deux nouvelles études confirment aujourd’hui que le virus en profite également pour “effacer la mémoire” de notre système immunitaire. Cela signifie que les personnes touchées peuvent également se retrouver à la merci d’infections secondaires.

Que le virus soit capable de s’introduire dans le système immunitaire, les chercheurs en ont conscience depuis longtemps. Nous savons en effet que le nombre de globules blancs est réduit. Les effectifs se recomposent ensuite une fois le virus combattu. Cependant, même dans ce cas, la personne touchée peut rester immunodéprimée pendant des années. Ces deux nouvelles recherches nous permettent aujourd’hui de mieux appréhender cette “amnésie immunitaire”.

De nouveaux “soldats” moins efficaces

Pour la première étude, des échantillons de sang chez 82 enfants néerlandais non vaccinés ont été prélevés. Lorsqu’une épidémie de rougeole avait frappé le pays en 2013, 77 d’entre eux avaient été infectés. Les auteurs ont comparé des échantillons avant et après l’infection afin de déterminer l’évolution de leur système immunitaire.

Les chercheurs s’étaient concentrés sur un type de globule blanc appelé cellule B. Lorsque le corps détecte un agent pathogène, ces cellules produisent des protéines qui “attrapent” le germe et le transmettent à une autre protéine pour destruction. Les cellules B continuent ensuite à développer ces anticorps même après la disparition de l’agent pathogène. C’est pourquoi le corps “se souvient” de ladite maladie lorsqu’elle pointe à nouveau le bout de son nez.

Or, les chercheurs ont découvert que les enfants infectés par le virus avaient perdu de nombreuses cellules B formées à reconnaître les infections courantes. Celles-ci sont revenues après environ 45 jours, mais elles étaient beaucoup moins efficaces que les premières.

vaccin
Crédits : Flickr / Pan American Health Organization PAHO

Des défenses “amnésiques”

Les chercheurs de la seconde étude se sont de leur côté concentrés sur les anticorps eux-mêmes. À l’aide d’un outil appelé VirScan, ils ont cherché à déterminer quels anticorps apparaissaient dans le sang des enfants avant et après la rougeole. Il est ressorti qu’après avoir attrapé le virus, les enfants avaient perdu entre 11% et 72% de leur diversité totale en anticorps. Autrement dit, la rougeole avait effacé une grande partie de leur “mémoire immunitaire”.

Les chercheurs soulignent que nous pourrions malgré tout en récupérer une partie en nous familiarisant de nouveau avec les pathogènes. L’idée consiste donc à rééduquer notre système immunitaire.

Les personnes en bonne santé devraient pouvoir le faire sans trop de problème, mais les patients plus faibles ou vraiment immunodéprimés pourraient ne pas être en mesure de faire face. “Se faire bombarder par plusieurs infections à la fois pourrait être particulièrement dévastateur“, concluent les chercheurs.

Source

Articles liés :

Allemagne : des (grosses) amendes en cas de non-vaccination contre la rougeole

Les enfants vaccinés contre la rougeole ne courent pas un risque accru d’autisme confirme une étude massive

Des greffes de selles pour calmer les symptômes de l’autisme ?