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La réalité virtuelle altère notre perception du temps

Crédits : Pexels

Une étude étasunienne récente a mis en exergue un effet spécialement inhérent à la réalité virtuelle. En immersion, la perception du temps est plus lente que dans la réalité. Or, cette compression du temps pourrait trouver des applications positives dans le domaine médical.

Un jeu décliné en deux versions

Les utilisateurs de réalité virtuelle le savent bien : il n’est pas rare de perdre toute notion de temps en immersion. Cette impression est d’ailleurs plus forte lorsqu’il s’agit de jeux vidéos. Cependant, une étude de l’Université de Californie à Santa Cruz (États-Unis) publiée le 3 mai 2021 dans la revue Timing & Time Perception évoque un autre effet bien plus important. Les scientifiques ont remarqué une compression du temps qui ne serait pas non plus inconnue des utilisateurs de casques VR.

Grayson Mullen, principal chercheur de l’étude, affirme l’avoir expérimentée en testant un casque chez un ami. Il a ensuite eu l’idée de tester cet effet sur pas moins de 41 volontaires. Pour l’occasion, il a créé un labyrinthe fonctionnant aussi bien en réalité virtuelle que sur un écran traditionnel. Deux groupes ont alors testé l’application, chacun dans les deux configurations disponibles, l’un en commençant par la version VR et l’autre par la version normale.

Un effet spécifique à la réalité virtuelle

La seule consigne que les volontaires devaient suivre était la suivante : faire une pause lorsqu’ils pensaient avoir joué durant cinq minutes. Selon les résultats, les joueurs ayant commencé par la version en réalité virtuelle ont joué 72,6 secondes de plus que ceux ayant débuté par la version classique, témoignant bien d’une compression du temps. De plus, cet effet n’est pas présent chez les joueurs ayant commencé par la version sur écran normal.

jeu labyrinthe VR
Crédits : Université de Californie à Santa Cruz

Il faut savoir qu’en 2011, des chercheurs de l’Université de Duke (États-Unis) avaient découvert l’effet de la compression du temps chez des patients suivant une chimiothérapie. Toutefois, ils étaient restés focalisés sur les différences en fonction du diagnostic.

Le fait est que la nouvelle étude a comparé les effets du même jeu en VR et sur écran classique, prouvant que l’effet de compression du temps est réellement spécifique à la réalité virtuelle. Selon ces travaux, la réalité virtuelle pourrait aider les patients subissant régulièrement des interventions médicales longues. Cela permettrait en effet à la fois de les distraire, mais également de leur donner l’impression que les interventions durent un peu moins longtemps.