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La radioactivité de Fukushima a atteint le Canada

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Crédits : Wikimedia Commons

La catastrophe de Fukushima n’a pas affecté que le Japon. Des traces de radioactivité ont traversé l’océan Pacifique et ont été retrouvées dans les eaux des côtes canadiennes.

Ken Buesseler, un chercheur à la Wood Hole Oceanographic Institution, a détecté et analysé sur la plage de Ucluelet, en Colombie britannique, 1,4 becquerel par m3 d’eau de Césium 134 et 5,8 becquerel par m3 d’eau de Césium 137, deux radioéléments non naturels. En analysant leur durée de vie et leur activité actuelle, il s’est avéré que ces deux radioéléments ne pouvaient provenir que de Fukushima, seule source de pollution radioactive de ces dernières années.

Mais cette présence de traces radioactives n’est pas alarmante pour autant. Ken Buesseler précise : « Si quelqu’un devait nager six heures par jour, tous les jours de l’année dans une eau contenant deux fois plus de Césium que ce que l’on a trouvé dans l’échantillon d’Ucluelet, la dose que cette personne recevrait serait plus d’un millier de fois inférieure à la radiation reçue lors d’une radiographie dentaire ».

Ces traces de radioactivité, qui ne sont pas les premières à avoir été découvertes dans les eaux des littoraux sont cependant à surveiller de très près. « La radioactivité peut être dangereuse, et nous devons surveiller attentivement les océans, après ce qui a été sans aucun doute le plus important déversement accidentel d’agents contaminants radioactifs dans les océans au cours de l’histoire », déclare Ken Buesseler. La National Oceanic and Atmospheric Administration a notamment lancé un appel en 2012 pour que les personnes qui découvriraient un objet dans les eaux de la côte ouest le signalent, par mesure de précaution, au cas où il viendrait tout droit de Fukushima.

Par ailleurs, les cœurs des réacteurs ont besoin d’être constamment refroidis, ce qui provoque la contamination de l’eau, stockée dans 1 100 réservoirs. Cette eau devrait être bientôt remise en mer après un processus rapide de décontamination, ce qui effraie quelque peu les pêcheurs. Mais malgré ces précautions, 300 à 400 tonnes d’eau radioactive échapperaient chaque jour à la surveillance et rejoindraient la mer, à cause de la pollution des nappes souterraines ou bien à cause du ruissellement de la pluie.

Pour veiller à rendre l’océan plus sûr et plus sain, Ken Buesseler a lancé un réseau citoyen intitulé « our radioactive ocean » pour financer et renforcer les prélèvements et analyses des échantillons d’eau de mer. La radioactivité de Fukushima n’est pas prête de se dissiper et la surveillance sur les littoraux devrait se poursuivre et dans l’idéal, se renforcer.

Sources : Sciences et Avenir, Le Monde, Sud Ouest.