in

La présence de vie extraterrestre bientôt révélée par la couleur des exoplanètes

Crédits : NASA's Goddard Space Flight Center/S. Wiessinger

Selon des chercheurs de l’université de Cornell (États-Unis), la couleur des exoplanètes pourrait nous renseigner sur la possibilité que celles-ci puissent abriter la vie. À ce titre, ils ont entrepris de dresser un catalogue recensant les teintes que pourraient donner 137 formes de vie microbiennes à l’atmosphère de ces planètes lointaines.

Avec la mise au jour continuelle de nouvelles exoplanètes, dont certaines de taille équivalente à la Terre et situées dans des zones d’habitabilité, les chances pour que nous puissions un jour découvrir les signes d’une vie extraterrestre sont grandissantes. Or, si le fait de mettre en exergue la présence d’organismes vivants sur des mondes aussi éloignés peut aujourd’hui sembler impossible, la prochaine génération de télescopes pourrait quant à elle permettre d’apporter une solution à ce problème. En effet, les futurs objectifs seront en mesure d’offrir une observation directe de ces exoplanètes et de révéler par la même occasion leur véritable couleur. Une information qui pourrait s’avérer être un précieux indicateur de la présence de vie…

« Une grande partie de la vie sur Terre a été dominée par la vie microbienne », ont expliqué des chercheurs dans une étude publiée en 2014 au sein de la revue PNAS. « Il est probable que la vie sur les exoplanètes commence aussi par une étape unicellulaire avant le stade multicellulaire ». Ainsi, si ces micro-organismes étaient bel et bien présents en grand nombre sur l’une de ces planètes, ils pourraient colorer l’atmosphère selon une teinte particulière en fonction de leur nature. C’est pour cette raison que des scientifiques de l’université de Cornell ont eu l’idée de dresser un catalogue regroupant 137 organismes unicellulaires et recensant les différentes couleurs que ces formes de vie pourraient donner à l’atmosphère d’une exoplanète si celle-ci était observée à l’aide d’un télescope. Parmi ces bactéries, les scientifiques ont également pensé à intégrer certains organismes extrémophiles qui prospèrent dans les milieux les plus hostiles de notre planète. « Sur Terre, ils n’occupent que des environnements de niche, mais sur d’autres mondes, ces formes de vie pourraient bien dominer, et nous avons maintenant une base de données pour savoir comment les repérer », a expliqué Lisa Kaltenegger, directrice du projet, relayée par le site Sciences & Avenir. « Nos résultats montrent l’étonnante diversité de la vie que l’on peut détecter à distance sur les exoplanètes », a déclaré quant à lui Siddharth Hegde, astronome à l’université de Cornell.

Les différents spectres de microorganismes terrestres.
Les différents spectres de microorganismes terrestres. // Crédits : NASA

De nouvelles perspectives qui seront offertes par les télescopes de demain

Comme nous l’avons dit précédemment, les télescopes actuels ne permettent pas d’offrir des performances suffisantes pour pouvoir observer de manière directe la couleur des exoplanètes. En revanche, la prochaine génération, qui devrait arriver au début de la prochaine décennie, sera quant à elle munie de miroirs primaires beaucoup plus larges et permettra par conséquent d’observer directement des planètes situées dans d’autres systèmes solaires. Fait suffisamment rare dans le domaine de l’astronomie pour être souligné ici, c’est l’Europe qui sera à la pointe de la technologie avec son futur E-ELT, qui deviendra le télescope le plus puissant au monde. Avec un diamètre de 39,9 mètres, ce dernier sera en mesure de collecter jusqu’à 15 fois plus de lumière que le Very Large Telescope (VLT) situé au Chili. Par ailleurs, les Américains ne seront pas non plus en reste avec leur Thirty Meter Telescope (TMT) qui devrait permettre d’offrir une résolution spatiale dix fois supérieure à celle du télescope Hubble.

Sources : PNASSciences & Avenir

– Illustration artistique d’une exoplanète, NASA’s Goddard Space Flight Center/S. Wiessinger