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La police suédoise va utiliser des malwares dans certaines enquêtes !

Crédits : Wikimedia Commons

Le gouvernement suédois a récemment déclaré vouloir autoriser les forces de l’ordre à déployer des malwares dans le cadre de leurs enquêtes. Les policiers pourront alors pirater à distance les appareils des suspects et obtenir des informations cruciales.

Davantage de pouvoir pour la police

Le 21 octobre 2019, le ministre  de l’Intérieur suédois a annoncé la nouvelle lors d’une conférence officielle. Selon un article publié par ZDnet, les malwares vont devenir une nouvelle arme technologique visant à augmenter les capacités de la police. En effet, cela lui permettra de mieux lutter contre le crime organisé en boostant les enquêtes et en faisant baisser le taux de criminalité.

En Suède, la police fait en effet face à un problème depuis plusieurs années. Les criminels utilisent souvent des messageries cryptées leur permettant de passer entre les mailles du filet de la police. Rappelons au passage que 90 % des conversations interceptées par la police de Suède étaient cryptées ! Ainsi, grâce aux malwares, la police pourra intercepter et décrypter ces conversations et ainsi vaincre son pire ennemi virtuel : le chiffrement.

“Nous devons absolument faire évoluer nos méthodes de travail en fonction des nouvelles technologies dont disposent les criminels. Nous avons maintenant la capacité d’agir avant qu’un drame ne se produise“, a déclaré ministre suédois de l’Intérieur.

L’application de messagerie WhatsApp permet des conversations 100 % cryptées
Crédits : Pexels

Une seule condition

Il existe une autre manière d’agir, c’est-à-dire contraindre les acteurs d’Internet à faire baisser la sécurité des communications cryptées. Toutefois, cette méthode utilisée notamment en Australie n’a pas fait l’unanimité en Suède. La Suède va donc utiliser une méthode similaire à cette de l’Allemagne. Depuis maintenant dix ans, les policiers outre-Rhin utilisent leur Bundestrojaner ou “cheval de Troie fédéral” afin d’intercepter les communications.

Par contre, les forces de l’ordre suédoises devront patienter jusqu’en 2022 pour utiliser leurs propres logiciels. Par ailleurs, le gouvernement a imposé une condition à l’utilisation de ces malwares dans le cadre d’une enquête. En effet, l’affaire concernée devra être punissable d’une peine de prison d’au moins quatre ans.

En France, le Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) a théoriquement le droit d’utiliser des logiciels espions. Il existe en effet une loi allant dans ce sens depuis 2011. Toutefois, l’arrêté officiel n’a été publié qu’en 2018 et les processus de validation sont toujours en cours.

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