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La nourriture des humains ferait vieillir les ours plus rapidement

Crédits : Bergadder / Pixabay

Une récente étude révèle que les ours dont le régime alimentaire repose en partie sur les déchets humains semblent vieillir plus rapidement que les autres. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Nature Scientific Reports.

Nous savons que les activités humaines influencent les populations d’animaux environnantes. On parle bien souvent de braconnage, de commerce illégal ou encore de perte d’habitat. Mais il existe parfois des influences plus insidieuses. Les déchets alimentaires humains, de plus en plus présents dans le paysage, peuvent en effet avoir des effets néfastes sur le comportement de certaines espèces. C’est notamment le cas de l’ours noir, dans le Colorado (États-Unis). Se rabattant sur les poubelles humaines, certains individus semblent en effet vieillir plus rapidement que les autres.

Plus de nourriture, moins d’hibernation

C’est du moins le constat d’une équipe de chercheurs qui a suivi 30 de ces ours entre 2011 et 2015. L’attention était portée sur leurs habitudes alimentaires et d’hibernation. Les scientifiques se sont rendu compte que de nombreux individus se rabattaient sur les déchets humains, déposés régulièrement au bord des routes. Pour certains, ce régime “humain” constituait jusqu’à 30 % du régime alimentaire global. Il est également ressorti que plus un ours se nourrissait de déchets humains, moins il hibernait – parfois jusqu’à 50 jours de moins que les ours qui suivaient un régime naturel.

En règle générale, les ours noirs du Colorado entrent en hibernation début novembre, la nourriture se faisant plus rare. Ils ressortent alors au printemps pour refaire le plein de graisses. Le fait d’avoir un accès quasi illimité à de la nourriture (déchets humains) a ici mené certains ours à moins hiberner. Parce qu’ils en avaient moins besoin. Malheureusement, des périodes d’hibernation plus courtes semblent avoir une incidence négative sur la détérioration des télomères.

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Une femelle ourse noire et son petit. Crédits : Pixabay

Vieillissement cellulaire

Les télomères, ce sont ces petits “bouchons” situés aux extrémités des chromosomes, aidant à protéger l’information génétique dans les cellules. Ils se détériorent naturellement. Et plus ils le font, plus nous vieillissons. Le fait de moins hiberner semble ici accélérer ce processus de détérioration. Ou peut-être ne pas le ralentir. L’état de dormance métabolique, qui a évolué en tant que réponse adaptative aux limitations alimentaires et aux conditions environnementales difficiles, semble en effet ralentir la sénescence, le corps n’étant soumis à aucun stress.

Mais que la détérioration des télomères soit accélérée ou moins ralentie ne change rien au constat. Les ours noirs se délectant de la nourriture humaine semblent au final vieillir plus rapidement que les autres.

« Les télomères peuvent être affectés par des caractéristiques individuelles, telles que l’âge ou le sexe de l’animal, mais ils peuvent également être influencés par le contexte environnemental auquel ces animaux sont confrontés, explique Jonathan Pauli, chercheur de l’Université du Wisconsin-Madison, et principal auteur de l’étude. Nous avons découvert que le moteur le plus puissant de ces modèles de télomères dans l’État du Colorado n’était pas ces caractéristiques individuelles, mais bien les caractéristiques environnementales ».

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