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La Norvège veut interdire les élevages d’animaux à fourrure en 2025

Certains renards arctiques sont engraissés pour que leurs fourrures soient plus larges. Crédits : Petafrance

Victoire pour les défenseurs de la cause animale ! Le gouvernement norvégien a présenté un texte au Parlement ce mercredi visant à interdire l’élevage d’animaux à fourrure d’ici à 2025.

Plus de 700 000 visons et plus de 110 000 renards seraient élevés et tués en Norvège chaque année pour leur fourrure. C’est respectivement 1% et 2 à 3 % du marché mondial, pour la grande majorité exportée vers la Russie et la Chine. Un calvaire qui devrait normalement prendre fin dès 2025. Ce nouveau texte porté au Parlement norvégien ce mercredi vise en effet à interdire la possession d’animaux “voués à être tués en vue d’une vente ou d’une quelconque utilisation de leur fourrure“.

Une “trahison historique

La décision, éthique, semble avant tout rester politique. La mesure était en effet une condition imposée par le parti-libéral au gouvernement pour intégrer sa coalition, en janvier 2018. La première ministre Erna Solberg avait alors accepté de fermer les fermes d’élevage de renards et de visons (environ 200 dans le pays) dans le cadre d’un accord politique entre les deux partis. Chose promise, chose due. N’en déplaisent à de nombreux éleveurs (environ 400 personnes concernées).

Car, bien évidemment, la requête envoyée au Parlement a fait réagir. Ces derniers parlent d’une “trahison historique“. La Norvège était en effet autrefois le premier producteur mondial de peaux de renards. De son côté, Guri Wormdahl – porte-parole des professionnels du secteur – s’est dite indignée par le montant de l’indemnisation financière proposée par le gouvernement en vue du démantèlement des fermes et de la reconversion des éleveurs.

Au total, 500 millions de couronnes devraient être débloquées, soit environ 52 millions d’euros. Trop peu, juge t-elle, arguant que cette décision allait “mener des éleveurs tout droit à la faillite“.

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Crédits : PETA

Une entreprise obsolète et cruelle

Cette mesure a, d’un autre côté, bien évidemment été saluée par les organisations de protection animale. C’est notamment le cas du groupe de défense NOAH, qui considère cette entreprise comme obsolète et cruelle, avec un attrait décroissant pour les consommateurs soucieux de la mode. Humane Society International, qui milite contre le commerce des fourrures, a de son côté rappelé dans un communiqué que la Norvège était le 14ème pays européen à éliminer progressivement cette pratique, “épargnant des animaux qui, autrement, passeraient toute leur vie dans des cages étroites et stériles“.

L’association PETA, qui salue également la décision, a toutefois tenu à rappeler que la production de fourrure est encore autorisée en France. On retrouve notamment cinq élevages de visons, et 11 de lapins oryla. Des animaux sensibles victimes de l’industrie du luxe.

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