in

La NASA s’apprête à dire au revoir au télescope Spitzer

Crédits : NASA / JPL-Caltech

La NASA va mettre un terme aux opérations du télescope Spitzer à la fin du mois. Une retraite bien méritée pour l’un des instruments les plus prolifiques de sa génération.

Il y a un an et demi nous avons dit au revoir à Kepler, le plus célèbre des chasseurs d’exoplanètes. C’est au tour de Spitzer de nous faire ses adieux. Lancé en 2003, l’un des quatre “Grands Observatoires” de la NASA devient en effet trop lourd à gérer. L’agence américaine a décidé de mettre un terme à ses opérations dès le 30 janvier 2020.

Un spécialiste de l’infrarouge

Spitzer a été conçu pour se concentrer sur la lumière infrarouge qui, grossièrement, permet de “voir” à travers la poussière qui obscurcit la vue des autres télescopes. Pour ce faire, il doit maintenir ses instruments à très basses températures. L’un des principaux défis de la mission était donc de le placer sur une orbite lui permettant d’éviter toutes les sources de chaleur inutiles.

Pour ce faire, les ingénieurs de la missions ont décidé de ne pas mettre Spitzer en orbite autour de la Terre, car celle-ci réfléchit une partie de la chaleur émise par le Soleil. Le télescope évolue donc sur une orbite héliocentrique parallèle à celle de la Terre qu’il parcourt en 372 jours.

Mais sur son orbite, le télescope s’écarte progressivement de notre planète, car il tourne moins vite autour du Soleil. Cela signifie qu’un beau jour, Spitzer se retrouvera de l’autre côté du Soleil par rapport à la Terre pendant une longue période de temps. Dans ces conditions, aucune communication ne sera alors possible avec l’instrument.

On n’en est pas encore là. À l’heure actuelle, il est encore possible de communiquer avec Spitzer, mais la logistique devient de plus en plus compliquée.

andromède
La galaxie d’Andromède (M31) photographiée par Spitzer le 25 août 2004. Crédits : Wikipédia

Il est temps de partir

En effet, plus Spitzer s’éloigne, et plus le vaisseau doit forcer sur ses batteries pour communiquer avec la Terre. Le problème, c’est que ces batteries sont mises à rude épreuve. Donc, elles surchauffent. Et comme nous l’avons mentionné plus haut, Spitzer ne peut pas travailler correctement si une source de chaleur se situe à proximité.

En se dirigeant de plus en plus derrière la Terre, Spitzer s’expose également à la lumière solaire qui réchauffe ses instruments. Là encore, les ingénieurs doivent systématiquement refroidir tout le matériel afin de pouvoir continuer à opérer.

Autrement dit, ça ne vaut plus le coup de continuer. Et de toute façon, Spitzer n’aura bientôt plus assez de puissance dans le moteur pour effectuer toutes ces manoeuvres. C’est pourquoi il est temps de s’en séparer.

spitzer
Vue d’artiste du télescope Spitzer. Crédits : Wikipédia

De nombreuses découvertes

En 16 années d’opérations, Spitzer nous aura tout de même ouvert les yeux sur un univers qui nous était jusqu’alors invisible. Ce fut par exemple, en 2005, le premier à saisir directement la lumière d’exoplanètes. Le télescope a également joué un rôle dans la connaissance du système TRAPPIST-1, il y a deux ans, en permettant la découverte de cinq des sept planètes qui le composent.

De manière plus générale, il aura permis aux chercheurs de mieux appréhender la formation stellaire et planétaire. Nous avons également eu accès à quelques unes des galaxies les plus éloignées de l’Univers.

Pour lui succéder, la NASA lancera en 2021 le très attendu James Webb Telescope, doté de capacités encore plus importantes.

Source

Articles liés :

Le télescope Cheops s’est envolé pour étudier les exoplanètes

La Russie veut installer des télescopes sur la Lune pour observer les astéroïdes

Exoplanètes : le télescope WFIRST teste ses “lunettes de soleil”