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La NASA pourrait accidentellement créer des pluies de météores artificielles sur Terre !

Crédits : Trevor Bexon / Flickr

Une mission à laquelle collaborent la NASA et l’ESA a pour objectif de faire dévier l’astéroïde Didymos en 2022. Or, une nouvelle étude montre que l’utilisation d’un impacteur cinétique sur cet astéroïde pourrait générer des pluies d’étoiles filantes d’origine humaine. L’étude soutient qu’il n’y a aucun danger pour la Terre mais que le risque zéro ne concerne pas les engins spatiaux.

Dévier l’astéroïde Didymoon

En 2003, l’astéroïde binaire (65 803) Didymos et ses 780 mètres de diamètre sont passés à moins de 7,5 millions de km de la Terre, soit environ 0,05 UA. Découvert en 1996, l’astéroide Didymos possède un satellite baptisé Didymoon (Didymos B), mesurant 150 mètres de diamètre. En septembre 2019, la NASA et l’ESA ont dévoilé une mission test en commun baptisée Asteroid Impact Deflection Assessment (AIDA). L’objectif ? Tester une technique inédite de déviation d’astéroïde. Concrètement, il s’agit d’envoyer un vaisseau baptisé DART (Double Asteroid Redirection Test) afin d’impacter Didymoon à une vitesse de 6,6 km/s !

Rappelons que DART est un impacteur cinétique qui sera propulsé par un moteur ionique NEXT de la NASA, fonctionnant à l’énergie solaire. Avec sa masse de 500 kg lancée à 6,6 km/s, DART devrait générer un changement de trajectoire de Didymoon, évalué à 4 mm/s. Si la NASA s’est montrée rassurante depuis le départ sur l’absence totale de danger, une étude publiée dans The Planetary Science Journal le 23 mars 2020 n’est pas aussi confiante.

mission DART
Crédits : NASA

Un risque zéro discutable

L’auteur de l’étude, à savoir l’astronome Paul Wiegert de l’Université de Western Ontario (Canada), ne remet pas formellement en question le risque zéro annoncé par la NASA. Toutefois, l’intéressé explique que l’impact pourrait créer des pluies de météores sur Terre. Plus précisément, les débris générés par l’impact du vaisseau pourraient pénétrer l’atmosphère terrestre. Surtout, ceci pourrait se produire chaque fois que notre planète croise la route du système Didymos !

En revanche, Paul Wiegert estime que la quantité de matière projetée dans l’espace sera relativement faible. Ainsi, leur entrée sur Terre ne devrait pas représenter de danger, comme le soutient la NASA. Toutefois, l’astronome évoque des problèmes pouvant apparaître au niveau des engins spatiaux avec ou sans équipage. Par ailleurs, rien n’a été dit concernant la taille des fameux débris.

Enfin, rappelons que le vaisseau DART quittera la Terre durant l’été 2021. Or, celui-ci devrait atteindre sa cible en septembre ou octobre 2022. Deux ans plus tard, l’ESA enverra la sonde HERA, dont l’objectif sera de mesurer le cratère d’impact. À l’heure actuelle, Didymos se trouve à environ 185 millions de km de la Terre, selon le suivi en temps réel de Space in 3D.