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La NASA brevette un moyen plus rapide et moins coûteux d’aller sur la Lune

Crédits : Capture d'écran nasa

La NASA vient de calculer une trajectoire inédite garantissant un accès plus rapide et moins coûteux vers la Lune. Ces différentes manoeuvres orbitales ont également été brevetées. Autrement dit, les différentes entreprises privées et agences qui souhaiteraient en bénéficier devront “passer à la caisse”.

Les missions les plus “importantes” en direction de la Lune – comme les missions Apollo ou les futures missions Artemis – empruntent généralement un chemin “direct”. La méthode permet d’arriver sur place plus rapidement (en quelques jours). On imagine en effet difficilement des astronautes tenir dans une petite capsule pendant plusieurs semaines. En revanche, ces missions impliquent de grosses fusées chargées d’énormes quantités de carburants, de manière à pouvoir s’extraire de l’attraction gravitationnelle de la Terre. Ces lancements sont donc très coûteux.

Il existe également d’autres “chemins” pour se rendre sur la Lune. Ceux-ci sont généralement empruntés par les plus petites sondes. L’idée consiste à se laisser balancer autour de la Terre de manière à profiter d’une fronde gravitationnelle. La technique permet d’économiser du carburant, autorisant finalement la présence d’instruments qui n’auraient autrement pas pu intégrer la mission. En revanche, le voyage dure beaucoup plus longtemps (plusieurs mois).

Au cours de ces dernières années, la NASA a cherché un moyen de garantir un accès rapide à la Lune pour ces petites missions. À force de calculs, les chercheurs ont finalement trouvé la solution.

De l’orbite géosynchrone à l’orbite lunaire

Le principe consiste à profiter dans un premier temps du lancement d’engins plus massifs pour permettre à des vaisseaux de petite taille de se positionner sur une orbite géosynchrone à environ 36 000 km d’altitude. Ensuite, l’idée de la NASA consiste à effectuer plusieurs manœuvres d’accélération et de décélération permettant de “surfer” sur les gravités combinées de la Terre et de la Lune de manière à pouvoir se placer en orbite lunaire.

Grâce à ces différentes manœuvres, l’agence américaine assure qu’elle pourrait atteindre la Lune en deux mois et demi seulement, contre environ six mois auparavant, le tout en minimisant au maximum le besoin en carburant.

La mission Dapper (Polarimeter Pathfinder Dark Ages) sera la première à profiter de cette nouvelle trajectoire orbitale. Son objectif sera d’enregistrer des ondes radio basse fréquence émises au cours des premières époques de l’Univers loin des interférences humaines de l’autre côté de la Lune.

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Illustration de la mission DAPPER en orbite de “l’autre côté” de la Lune. Crédits : Université du Colorado

Une trajectoire vers la Lune brevetée

En outre, l’agence américaine a même décidé de breveter les différentes “manœuvres orbitales” nécessaires pour emprunter cette nouvelle trajectoire. Cela pourrait paraître étrange, au premier abord. Néanmoins, pour Jack Burns, responsable du programme Dapper, l’invention de cette trajectoire relève bien “de la propriété intellectuelle”.

D’ailleurs, la NASA ne facture généralement “pas grand-chose” pour la licence de ses brevets (pas plus de 10 000 dollars). Autrement dit, l’idée n’est pas de gagner de l’argent à tout prix. Il s’agit simplement de reconnaître le travail accompli et de rembourser les sommes investies.

Officieusement, cela permet également d’empêcher que des sociétés privées ne brevettent ces mêmes techniques pour les proposer à des sommes exorbitantes, souligne Business Insider, ce qui freinerait évidemment la libre marche de la recherche.