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La maladie de Parkinson pourrait être liée à l’appendice !

Crédits : Wikipedia

Si la maladie de Parkinson a très longtemps été désignée comme étant une maladie du cerveau, le rôle de l’appareil digestif aurait également son importance, comme le suggère une récente étude.

L’ablation de l’appendice, un important indicateur

Le 31 octobre 2018, le magazine Science a relayé une étude suggérant que la maladie de Parkinson commencerait dans l’appendice. Ces travaux ont été menés par l’équipe de Viviane Labrie de l’Institut de recherche Van Andel (Michigan, États-Unis). Ceux-ci sont basés sur les données médicales de 1,7 million de Suédois s’étant fait retirer l’appendice, et dont certains relèvent d’un suivi sur une cinquantaine d’années.

Or, les chercheurs ont noté un fait important : les personnes ayant subi une ablation de l’appendice (appendicectomie) étant enfant avaient 19 % de risques en moins de développer la maladie de Parkinson. En ce qui concerne les personnes ayant développé cette même maladie, l’ablation de l’appendice était en lien avec une apparition plus tardive en moyenne de trois ans et demi.

« Nos travaux suggèrent que l’appendice pourrait jouer un rôle dans le début de la maladie de Parkinson », n’a pas hésité à affirmer Viviane Labrie, considérant toutefois que ce rôle n’était pas non plus au cœur même de l’apparition de la maladie.

parkinson maladie appendice
Même un appendice sain contient une forme groupée de la protéine α-synucléine (rouge), caractéristique essentielle de la maladie de Parkinson dans le cerveau.
Crédits : Sciences Mag / Institut de recherche Van Andel

L’appareil digestif et la maladie de Parkinson

Il faut savoir que des problèmes gastriques (et intestinaux) tels que la constipation touchent les personnes impactées par la maladie de Parkinson. Il s’agit de troubles apparaissant au moins une décennie avant les symptômes les plus connus tels que les tremblements.

Alors que ces problèmes ont attiré l’attention des chercheurs concernant l’appareil digestif, il faut également savoir que l’appendice apparaît comme étant un lieu de stockage pour les bactéries intestinales. Ce dernier a également une carte à jouer en termes de réponse immunitaire, car contenant de l’alpha-synucléine (α-synucléine) sous une forme anormale. Il s’agit d’une protéine connue pour être abondante dans le cerveau humain, et pour être très importante concernant la maladie de Parkinson.

« Cette protéine n’aime pas rester au même endroit. Elle arrive à bouger de neurone en neurone. Si elle entre dans le cerveau, elle peut s’installer et se développer jusqu’à avoir des effets neurotoxiques qui pourraient mener jusqu’à la maladie de Parkinson », a expliqué Viviane Labrie.

Doit-on systématiquement pratiquer l’ablation de l’appendice ?

Ainsi se pose la question de savoir si l’appendice doit être retiré le plus tôt possible chez tous les individus. Pour les chercheurs, il ne peut s’agir d’une recommandation valable dans la mesure où se faire retirer l’appendice ne garantit absolument pas une immunisation contre la maladie de Parkinson !

En revanche, aucun rapport de cause à effet n’a pour l’instant réellement été identifié. Ces travaux pourraient mener à l’élaboration de thérapies destinées neutraliser ce réservoir, et donc à  réduire les risques sans pour autant les annuler.

Sources : Futura SciencesLe Temps

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