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La Lune serait plus vieille qu’on ne le pensait

Crédits : iStock

De nouvelles analyses faites par des chercheurs de l’Université de Cologne suggèrent que la Lune s’est formée 50 millions d’années après la formation du système solaire. Soit 100 millions d’années plus tôt qu’on ne le pensait.

Selon la théorie dominante, la Terre primitive serait entrée en collision avec un objet de la taille de Mars d’environ 6 500 kilomètres de diamètre, nommé Théia, il y a “environ” 4,5 milliards d’années. Cet impact aurait provoqué une éjection de matière qui, sous l’effet de la gravité, se serait agglomérée pour ensuite former la Lune. Sur le principe, tout le monde est à peu près d’accord. Ce qui divisait encore les chercheurs, c’était la date “exacte” de cet impact. Jusqu’à présent, nous pensions que la Lune s’était formée environ 150 millions d’années après la formation du système solaire il y a 4,56 milliards d’années. Soit il y a 4,41 milliards d’années. Mais une récente étude suggère que notre satellite serait en réalité beaucoup plus vieux.

Pour en arriver à ces conclusions une équipe de chercheurs a ré-analysé les échantillons de roches lunaires ramenés sur Terre au cours de la mission Apollo 11. Il y a 50 ans, donc. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Nature Geoscience.

Dater l’impact

Nous savons que la Lune – nouvellement formée – était recouverte d’un océan de magma qui formait différents types de roches à mesure qu’elle se refroidissait. « Ces roches ont enregistré des informations sur la formation de la Lune et peuvent encore être trouvées aujourd’hui sur la surface lunaire », explique Maxwell Thiemens, principal auteur de l’étude. Notre satellite n’étant pas géologiquement actif, au contraire de la Terre, ces informations sont donc encore disponibles.

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L’équipage d’Apollo 11 a ramené sur Terre 21,55 kg d’échantillons. Crédits : NASA

En ré-analysant la composition chimique des échantillons d’Apollo 11, les chercheurs se sont ici concentrés sur la relation entre les éléments hafnium et tungstène. L’hafnium-182, plus précisément, se décompose en tungstène-182. Les chercheurs ayant connaissance de la vitesse à laquelle se désintègrent ces isotopes, cela permet d’avoir une estimation du temps qui s’est écoulé entre la formation de différentes roches. Selon les analyses, il ressort que la Lune aurait déjà commencé à se solidifier seulement 50 millions d’années après la formation du système solaire. Soit il y a 4,51 milliards d’années-lumière.

« Ces informations sur l’âge signifient que tout impact géant a dû survenir avant cette date », explique Carsten Münker, co-auteur de l’étude. Et forcément, cette information a des conséquences directes sur l’évolution de notre planète. Si la Lune s’est effectivement formée plus tôt que ce que l’on pensait, alors la Terre “après impact” aussi. Ce qui signifie, par extension, que la vie a pu apparaître sur notre planète bien avant les dates que suggèrent les modèles existants.

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