La guillotine est-elle douloureuse ?

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Crédits : Zeferli/istock

La guillotine, l’emblème de la Révolution française, était un dispositif conçu pour décapiter rapidement les individus avec une grande lame tombante. Bien que souvent associée aux révolutionnaires français du 18e siècle, elle est restée en usage en France jusqu’à la fin du 20e siècle, la dernière exécution ayant eu lieu en 1977. Cette méthode d’exécution, adoptée pour sa rapidité et prétendue humanité, a toujours suscité des questions sur la douleur et la conscience après la décapitation. Mais était-ce une méthode d’exécution douloureuse ?

Origines et usage de la guillotine

La guillotine, une invention révolutionnaire du 18e siècle, fut conçue pour remplacer les méthodes d’exécution plus barbares de l’époque. Adoptée par l’Assemblée nationale française en 1792, elle était présentée comme une solution rapide et « humaine » pour mettre fin à la vie des condamnés. Le Dr Joseph-Ignace Guillotin, fervent défenseur de cette machine, la vantait pour sa capacité à provoquer une mort quasi instantanée et indolore. Son objectif était de garantir une fin plus digne aux personnes condamnées à mort.

Cependant, malgré les affirmations du Dr Guillotin, des récits anecdotiques ont persisté, suggérant que la décapitation par guillotine pouvait laisser une forme de conscience résiduelle. L’une des histoires les plus célèbres remonte à 1905, lorsque le Dr Jacques Beaurieux assista à une exécution à Paris. Après la décapitation, il prétendit avoir observé des mouvements oculaires et des tremblements des lèvres chez la tête coupée du criminel. Ces observations laissaient supposer que la tête pouvait encore ressentir ou réagir après avoir été séparée du corps.

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Le roi Louis XVI conduit à la guillotine. Crédits : Christine_Kohler/iStock

Des études scientifiques controversées

Pour dissiper les mythes entourant la guillotine, des études scientifiques ont tenté d’explorer la réponse du cerveau à la décapitation. Une étude de 2013, menée sur des rats anesthésiés, a révélé une activité cérébrale significative jusqu’à quinze secondes après la décapitation. Ces résultats ont soulevé des questions sur la possibilité que les rats puissent ressentir une certaine douleur après la décapitation.

Cependant, une étude plus récente datant de 2023 conteste ces conclusions. Elle affirme qu’il est très improbable que la conscience persiste après la décapitation, tant chez les humains que chez les animaux. Les chercheurs soulignent toutefois les limites de ces études, notamment en termes de taille d’échantillon, et insistent sur le besoin de recherches supplémentaires pour parvenir à des conclusions plus définitives.

Ainsi, malgré les progrès scientifiques, le débat sur la conscience post-décapitation reste ouvert. Si les preuves disponibles suggèrent une perte de conscience rapide, la vérité complète pourrait rester insaisissable en raison des défis éthiques et techniques liés à l’étude de ce phénomène chez les êtres humains. Cependant, avec l’évolution des technologies et des approches scientifiques, il reste possible que des découvertes éclairent un jour cette énigme persistante de l’histoire de la justice et de la médecine.