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La graisse du ventre accroît-elle le risque de mourir prématurément ?

Crédits : Max Pixel

Une méta-analyse a conclu que l’adiposité ventrale, à savoir la graisse dans le tissu cellulaire sous-cutané au niveau du ventre, accroît le risque de mourir prématurément. Par ailleurs, cette conclusion concerne toutes les causes de mortalité. Au-delà du comportement des consommateurs, il faudrait selon les chercheurs revoir complètement notre système alimentaire.

La graisse du ventre, un facteur supplémentaire

Ceci ne fait plus aucun doute, l’obésité est synonyme de un risque accru de mortalité. En 2019, une étude a même estimé que le taux de certains cancers liés à l’obésité aurait augmenté chez les adultes âgés de 25 à 49 ans durant ces deux dernières décennies. Il existe pourtant un concept que l’on nomme “obésité saine”. L’idée est simple : il serait possible d’être obèse sans avoir aucune pathologie et aucun problème pour se mouvoir.

Une méta-analyse publiée dans le British Medical Journal le 23 septembre 2020 vient entamer l’idée d’obésité saine. Selon les chercheurs, la méta-analyse met en exergue la forte corrélation entre l’adiposité ventrale et le risque de mortalité toutes causes confondues. Autrement dit, la graisse du ventre serait un facteur supplémentaire de mortalité.

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Crédits : LibreShot

Le consommateur n’est pas seul responsable

L’objectif de la méta-analyse était de réunir différentes études au sujet de cette possible association entre mortalité et adiposité ventrale. Chacune des études mesurait plusieurs marqueurs plus ou moins précis. Citons le tour de taille, le tour de cuisse, le tour de hanche, le rapport taille/hanche, le rapport taille/hauteur, le rapport taille/cuisse ainsi que l’indice d’adiposité corporelle. Les chercheurs ont analysé par ce biais les données de pas moins de deux millions de personnes. En conclusion, les chercheurs ont affirmé que l’adiposité ventrale est en lien avec un risque de mortalité élevé, et ce de manière significative. Les meneurs de l’étude ont même identifié une dose-réponse (ou dose-effet), un critère important permettant de soupçonner le risque de causalité.

Les scientifiques estiment que l’expression “manger moins, bouger plus” n’est aujourd’hui plus viable. Il faut savoir que la prise alimentaire est quelque chose de très complexe, soumise à différents facteurs. Lutter contre l’obésité impliquerait donc de revoir tout le système alimentaire. Autrement dit, il ne faudrait pas faire reposer toutes la responsabilité sur le consommateur. Pour les chercheurs, l’environnement complexe dans lequel nous vivons devrait permettre aux personnes de faire les bons choix tout en ayant accès à des informations de qualité. Le but ? Avoir les moyens d’agir sur leur maladie tout en bénéficiant des soins médicaux essentiels.