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La génétique explique l’évolution de la position des testicules

Crédits : iStock

Dans le cas d’une majorité de mammifères mâles, les testicules descendent dans le scrotum ou encore dans l’abdomen en formation. En revanche il existe des exceptions comme chez les éléphants, et l’étude de deux gènes a permis d’en savoir plus sur cette évolution.

Chez les mammifères, les testicules sont généralement situés à l’extérieur, dans un scrotum. En effet, leur bon fonctionnement réside dans la nécessité de bénéficier d’une température inférieure à celle de l’organisme. Néanmoins, chez certains animaux ainsi que les dauphins, les testicules descendent dans le bas-ventre et non dans un scrotum.

Dans le cas des éléphants et la plupart des autres afrothériens, les testicules restent à leur position initiale, c’est à dire près des reins. La question est de savoir si cette caractéristique était déjà présente chez leur ancêtre commun ou si ce dernier avait des testicules externes. Une étude menée par des chercheurs de l’Institut Max Planck de Dresde (Allemagne) et publiée dans la revue PLOS Biology le 28 juin 2018 a tenté de répondre à cette question en utilisant les données génétiques de pas moins de 71 espèces de mammifères.

L’évolution de deux gènes déterminants dans le cadre du développement des ligaments occasionnant la descente des testicules a été analysée. Ces deux gènes sont connus sous les appellations RXFP2 (relaxin/insulin-like family peptide receptor 2) et INSL3 (insulin-like 3).

Selon les chercheurs, ces deux gènes ont été perdus (à cause de la mutation) ou sont devenus non-fonctionnels au fil de l’évolution chez les afrothériens actuels. Ainsi, les meneurs de l’étude ont supposé que les ancêtres des afrothériens actuels devaient avoir des gènes RXFP2 et INSL3 fonctionnels – et donc avoir des testicules externes.

Ainsi, il y a entre 70 et 90 millions d’années, les testicules descendaient probablement chez ces animaux, mais au cours de l’évolution, il ne devait plus avoir d’intérêt à ce que ces organes soient externes. De plus, les mutations des deux gènes en question ne devaient pas impacter les capacités de reproduction et ont été transmises aux descendants.

Et si la température n’était pas le seul critère justifiant la présence de testicules externes ? Chez les dauphins, il existe bien un système d’échange de chaleur utilisant le système sanguin.

Sources : EurekAlert!Futura Sciences