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La généralisation du régime végan nécessiterait-elle plus de terres qu’un régime avec viande ?

Crédits : Pexels / rawpixel.com

Quoi que l’on puisse en dire, de plus en plus de personnes tendent à diminuer les portions de chair animale dans leur alimentation. Par ailleurs, la violence de certains débats que soulève cette question sur les réseaux sociaux montre bien à quel point le véganisme catalyse de nombreux enjeux. Quels impacts pourrait au juste avoir une globalisation du véganisme ? 

Un impact sur l’organisme…

Les effets d’un régime végan ont déjà été largement recensés par la communauté scientifique. Et comme tous les modes de vie, celui-ci possède ses bons et mauvais côtés. Par exemple, les risques de cancers et de maladies cardio-vasculaires sont moindres en raison de la suppression de produits d’origine animale – en particulier la viande rouge. Il permet un apport stable de tout ce dont le corps a besoin, bien sûr dans le cadre d’un régime équilibré. Exception faite d’un élément.

En effet, on observe plus facilement une carence en vitamine B12 dans le cadre de régimes non carnés. Cette défaillance est très souvent observée, et peut notamment provoquer fatigue générale, états dépressifs ou anxieux. Dans les faits, la vitamine B12 est indispensable au bon fonctionnement du corps, et notamment au système nerveux. Elle prévient des troubles de l’humeur et des maladies cardiaques. La viande le poissons et autres fruits de mer étant les aliments qui en contiennent le plus, on comprend pourquoi une carence est souvent observée lors d” un régime végan.

Toutefois, il est possible de contourner cette carence par la prise de compléments alimentaires, qui assurent cet apport quotidien. Pour en revenir au mouvement végan, il ne faut pas non plus perdre de vu le fait qu’il s’agit aussi d’une initiative qui vise à protéger l’environnement.

élevage vaches
Élevage bovin aux États-Unis Crédits : Greenpeace

… Et sur la planète

En effet, il est désormais connu que la production de viande nécessite nombre de terres qui sont souvent exploitées au détriment de la préservation de la nature. Les feux qui ravagent actuellement l’Amazonie en sont une parfaite illustration. Qu’en serait-il si tout le monde abandonnait alors un régime carné ? Un impact négatif sur les terres pourrait-il lui être imputable ? Pour le chercheur à l’Inra Bertrand Dumont, « la généralisation d’une alimentation végétalienne nécessiterait plus de terres pour nourrir la population qu’un régime modéré en viande ».

Certains animaux d’élevage assurent en effet des rôles que les Hommes ne pourraient pas assumer : ils stockent du carbone, produisent des fertilisants naturels grâce à leurs déjections et assurent la diversité de l’écosystème. Au final, la consommation idéale pour la planète serait de 12 % de protéines animales. Le tout végétal consommerait finalement autant de terres qu’un régime carné.

Mais le constat reste le même : la diminution de la consommation de produits issus d’animaux est bénéfique. Les arguments des scientifiques vont donc en faveur d’une harmonisation générale des moyens de production agroalimentaire et des législations qui les régissent.

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