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La diversité des fleurs doit être au centre de la conservation des insectes pollinisateurs !

abeille
Crédits : kadja/Pixabay

En matière de fleurs, les abeilles et autres bourdons semblent prendre en compte une notion importante : l’efficacité énergétique. Chaque espèce – en fonction de ses propres caractéristiques – aurait donc ses fleurs de prédilection. Ainsi, plus les fleurs disponibles sont variées, plus les différentes espèces d’insectes butineurs y trouvent leur compte.

Qu’est-ce que l’efficacité énergétique ?

Francis Ratnieks est professeur d’apiculture à l’Université du Sussex (Royaume-Uni). Co-auteur d’une étude publiée dans la revue Ecology le 19 janvier 2021, l’intéressé s’est penché sur la notion d’efficacité énergétique chez les abeilles et autres insectes butineurs. Or, cette dernière ferait que chaque espèce a ses fleurs de prédilection. Il est ici question d’un « avantage de butinage » provenant de l’efficacité énergétique de l’insecte lui-même. Il s’agit du rapport entre l’énergie nécessaire pour voler jusqu’à une fleur – déterminée par le poids de l’insecte – et l’énergie obtenue du nectar de la fleur corrélée à la vitesse de l’insecte. Autrement dit, il s’agit du rapport indiquant l’énergie dépensée par l’insecte pour puiser l’énergie des fleurs.

Francis Ratnieks et son équipe ont chronométré la vitesse de plus d’un millier d’abeilles et bourdons. L’objectif ? Estimer combien de fleurs ces insectes peuvent butiner en une minute. Par ailleurs, cette donnée a été mise en relation avec le poids des insectes, ce dernier mesuré à l’aide d’une balance adaptée. Selon les meneurs de l’étude, les bourdons sont deux fois plus imposants que les abeilles, mais également deux fois plus rapides.

bourdon
Crédits : lrusin3/Pixabay

L’importance du maintien de la diversité des fleurs

Selon les résultats, les insectes sont sur une « corde énergétique raide ». Ceci signifie que durant la collecte, ces derniers dépensent environ la moitié de l’énergie qu’elles obtiennent du nectar des fleurs. De plus, ces différences d’efficacité énergétique expliquent par exemple pourquoi les bourdons ont un avantage de butinage – concernant certaines fleurs – sur les abeilles mellifères. Ceux-ci sont plus rapides en ce qui concerne la visite des fleurs, peuvent recueillir plus de nectar, mais sont en revanche plus lourds et dépensent davantage d’énergie pour alimenter leur butinage. Par ailleurs, certaines fleurs ont des morphologies plus ou moins adaptées aux insectes cités.

Ainsi, la diversité des fleurs est un élément très important pour la préservation des espèces d’abeilles et de bourdons. De plus, ces insectes contribuent à la pérennité de 75 % des cultures. Pour Francis Ratnieks, le maintien de la diversité des fleurs doit être une priorité dans la conservation des insectes butineurs.