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La destruction d’un astéroïde aurait donné un petit “coup de pouce” à la vie

Crédits : Don Davis

Un énorme nuage de poussière d’astéroïdes balayant le système solaire il y un demi-milliard d’années aurait plongé la Terre dans un mini âge glaciaire. Tout se serait fait de manière progressive, permettant à la vie de s’adapter, et d’exploser.

Nous savions déjà que notre planète avait essuyé un mini âge glaciaire (glaciation de l’Ordovicien moyen) il y a environ 466 millions d’années. En témoignent les mouvements des roches sous-marines opérés à cette époque, suggérant que le niveau des océans était plus bas que d’habitude, une grande partie de l’eau s’étant transformée en glace. La cause de cette chute des températures n’avait en revanche pas encore été comprise. Des chercheurs de l’Université de Chicago semblent néanmoins avoir trouvé le coupable : un astéroïde. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Science Advances.

Un écran de poussière sur Terre

Ces nouvelles recherches suggèrent en effet qu’un objet de 150 km, évoluant dans la ceinture d’astéroïdes, entre les orbites de Mars et Jupiter, aurait explosé à cette même époque. Probablement suite à une collision avec l’un de ses congénères. Toute cette poussière nouvellement libérée se serait ensuite répandue dans le système solaire, et une partie se serait retrouvée attirée vers la Terre. Cette masse de poussière, contenue dans l’atmosphère, aurait alors bloqué une partie de la lumière solaire. Entraînant ainsi un refroidissement des températures en surface.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont étudié des roches calcaires de différents âges dans le sud de la Suède et près de Saint-Pétersbourg, en Russie. Ils ont utilisé de l’acide pour les dissoudre, ce qui permit ensuite d’analyser leur composition. Ils ont alors découvert qu’après 466 millions d’années, l’abondance de grains de poussière dans les roches avait été multipliée par 1 000 à 10 000 fois. Ces niveaux seraient également restés aussi élevés pendant au moins deux millions d’années.

La présence de métaux rares et d’atomes d’hélium, à l’intérieur desquels il manquait des neutrons (arrachés par le vent solaire), suggère par ailleurs que cette poussière provient de l’espace. S’appuyant sur ces analyses, les chercheurs ont effectué des simulations, et la destruction d’un objet de 150 km de diamètre semble effectivement bien concorder avec les résultats.

« Notre hypothèse est que les grandes quantités de poussière extraterrestre, retombée sur Terre sur une période d’au moins deux millions d’années, ont joué un rôle important dans le changement du climat de notre planète. Contribuant ainsi à son refroidissement », explique Philipp Heck, principal auteur de l’étude.

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Une météorite fossile vieille de 466 millions d’années, créée lors de l’explosion de l’astéroïde. Crédits : Field Museum, John Weinstein

Un “coup de pouce” au vivant

Mais ce n’est pas tout. On observe également, dans les archives fossiles, une “explosion” de vie à cette même époque. Et là encore, tout semble concorder. Comme expliqué ci-dessus, ce mini âge glaciaire s’est installé de manière progressive sur Terre, sur au moins deux millions d’années. Rien à voir avec ce qu’il s’est produit juste après l’extinction des dinosaures non-aviens, par exemple. Pour les chercheurs, ces conditions auraient alors permis à la vie de pouvoir faire avec, sans se presser.

Certaines espèces évoluant au niveau de l’équateur auraient en effet bénéficié de températures plus fraîches, mais supportables. Et celles évoluant au nord ont eu le temps de tirer le meilleur parti de ces régions. Résultat, la vie s’est non seulement adaptée, mais elle a également bénéficié de ces changements environnementaux, entraînant ainsi une explosion de nouvelles espèces.

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