in

La crise “imminente” du phosphore, élément essentiel à la vie sur Terre, inquiète les scientifiques

Crédits : Pixabay

Des chercheurs ont récemment communiqué leur inquiétude face à la raréfaction du phosphore, un élément essentiel à la vie sur Terre. Il n’est pas renouvelable, et les réserves s’épuisent. Cette véritable crise environnementale semble passer inaperçue.

Le phosphore – l’élément chimique numéro 15 dans le tableau périodique – est un minéral essentiel à la vie sur Terre. On le retrouve associé à des combinaisons organiques multiples, dans les acides nucléiques, les ADN et ARN dont il constitue le squelette. Chez l’Homme et les autres animaux, c’est le minéral le plus abondant après le calcium. Il contribue à la formation et à la solidité des os, des dents, et permet la multiplication cellulaire ainsi que le transfert d’énergie. Dans le monde végétal, il est impliqué dans le processus de photosynthèse, entre autres propriétés. Il est notamment très présent dans les engrais, et donc essentiel à l’agriculture.

Une crise silencieuse

Nous consommons beaucoup, beaucoup de phosphore. Au cours des 50 dernières années, les engrais à base enrichie ont été multipliés par cinq. Une demande qui devrait continuer de s’accroître jusqu’en 2050, puisque nous aurons de plus en plus de bouches à nourrir.

Le problème, c’est que le phosphore n’est pas renouvelable. Il n’existe à ce jour aucun substitut, et les techniques actuelles ne permettent pas son recyclage. Les excès se retrouvent lessivés, entraînant une pollution des ressources en eau à l’échelle mondiale.

Au final, les réserves mondiales s’épuisent, menaçant la survie de tous les êtres vivants de la planète. Il ne s’agit pas d’être alarmiste : c’est un constat réaliste.

Tout le monde n’est pas d’accord sur la date butoir. Certains annoncent que nous pourrions avoir épuisé les réserves dans 40 ou 80 ans, quand d’autres estiment que nous pourrions encore tenir 300 ans. En revanche, tout le monde est d’accord sur le fait que la crise du phosphore est imminente… Et que rien ne semble entrepris pour tenter de faire évoluer les choses. Le manque de sensibilisation auprès du public passe également sous silence, un problème qui pourtant nous concerne tous.

Exemple de phosphore rouge. Crédits : Ondřej Mangl / Wikimedia

 

Apprendre à mieux gérer les ressources

Une quarantaine de chercheurs sont récemment montés au créneau pour avertir les autorités. « Il n’y a pas de collaboration ou de coordination à l’échelle mondiale qui prend la responsabilité de gouverner les ressources mondiales en phosphore, explique Kasper Reitzel, l’un des auteurs de ce nouveau rapport. La mauvaise gestion actuelle de cet élément nutritif essentiel représente un défi urgent, qui entraîne une pollution des ressources en eau à l’échelle mondiale tout en empêchant un accès équitable aux engrais pour soutenir la production alimentaire dans le monde ».

Les chercheurs soulèvent le besoin de réduire autant que faire se peut notre consommation de phosphore. Ils insistent également sur la nécessité de mettre en place des techniques visant à recycler l’élément. Si nous y parvenons, ils assurent que nous pourrions réutiliser les phosphates au moins 40 fois. Parallèlement à ces recherches, des professionnels devront être formés pour « assurer la gestion internationale du phosphore ».

Ainsi, l’avenir des prochaines générations ne dépend pas que des actions qui seront menées au cours de ces prochaines années pour limiter la hausse des températures. Il dépend également de nos futurs efforts visant à gérer au mieux cet élément indispensable au vivant.

Articles liés :

Et si l’on remplaçait les engrais chimiques par de l’urine humaine ?

La véritable cause de de la mort des coraux

Ils transforment des excréments humains en combustibles