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La contribution des glaces continentales à la hausse du niveau des mers a été multipliée par 6 en 20 ans

Crédits : NASA.

Selon une nouvelle estimation quantitative fournie par une étude publiée dans la revue Environmental Research Letters, la contribution des glaces continentales à la hausse du niveau des océans s’est rapidement accélérée au cours des dernières décennies. Selon les chercheurs, elle a été multipliée par un facteur 6 en 20 ans, en lien avec le réchauffement global.

Une nouvelle étude dirigée par des chercheurs de l’Université de Bristol en Angleterre, a fourni une mise à jour concernant la contribution de la fonte des glaces continentales à la hausse du niveau des mers. Elles incluent les nombreux glaciers tels que ceux des Alpes, des Andes, de l’Himalaya, de Norvège et bien d’autres, ainsi que les deux grandes calottes polaires : le Groenland et l’Antarctique. La nouvelle estimation indique que la contribution des glaces terrestres à la montée du niveau des mers a été multipliée par 6 entre le milieu des années 1990 et le début des années 2010.

Si au cours du XXe siècle, l’essentiel de l’eau de fonte provenait du recul des glaciers, la contribution des inlandsis groenlandais et antarctique s’est rapidement accélérée au cours des dernières décennies. Selon les scientifiques, la contribution des glaciers et calottes est passée de 0,31 millimètre par an sur la période 1992-1996 à 1,85 millimètre par an sur la période 2012-2016 – pour une tendance totale d’environ 3,5 millimètres par an actuellement. Parmi ces 1,85 millimètre, 37 % provenaient du Groenland, 34 % des glaciers et les 26 % restant venaient pour l’essentiel de la partie occidentale de l’Antarctique.

L’évaluation de la part de la hausse associée aux différentes composantes de la cryosphère n’est pas une mince affaire. En effet, bien que depuis 1992 les satellites ont permis une révolution dans notre capacité à estimer la contribution des glaces continentales à la montée du niveau des mers, ceux-ci ne sont pas exempts d’incertitudes. De ce fait, les différents satellites et leurs capteurs respectifs ont pu conduire à la production de résultats parfois contradictoires. Rien qu’au cours de la dernière décennie, une cinquantaine de publications ont traité de ce sujet, apportant une certaine inconsistance dans la quantification du diagnostic. Toutefois, de nombreux efforts ont été accomplis dans l’optique de mieux comprendre d’où venaient les incohérences entre les différentes études et données satellitaires. Grâce aux travaux acharnés des chercheurs, les incertitudes ont progressivement pu être réduites ces dernières années.

Pour fournir ces nouvelles estimations, l’étude a combiné les résultats de nombreuses autres études scientifiques publiées depuis 2013 avec de nouvelles données sur les glaciers de l’Arctique, ainsi qu’en utilisant une modélisation statistique. Cette étude est la première à dresser un état de l’art des connaissances sur ce sujet depuis le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC ou IPCC en anglais) paru en 2013.

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