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La connexion cerveau-intestin, un espoir contre Alzheimer ?

Crédits : pixabay

Le cerveau joue un rôle de bibliothèque de la mémoire. Il sauvegarde nos souvenirs et nous les prête quand on en a besoin. Mieux, il en crée tout le temps. Toutefois diverses maladies comme Alzheimer altèrent nos souvenirs. On connaissait déjà la connexion intestin-cerveau, mais pas pour ces raisons.

Ce que l’on sait principalement de cette connexion, c’est que l’intestin transmet au cerveau la faim selon ses besoins, ainsi que sa satiété. Il le fait au travers du nerf vague, qui est le plus long nerf du corps humain (il est aussi multi-rôles, d’où son nom). Mais aujourd’hui, une étude publiée dans le magazine Nature vient ajouter une nouvelle fonction à la connexion cerveau-intestin. Les résultats suggèrent en effet que le nerf vague est aussi utilisé par le cerveau pour créer des souvenirs sur l’emplacement des lieux et des objets qui nous entourent. Le professeur Scott E. Kanoski, professeur adjoint de sciences biologiques à l’Université de Californie du Sud (États-Unis), explique que les résultats de son expérience pourraient être transposés à l’être humain.

Une série d’expériences menées sur des rats

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Crédits : Wikipédia/ APOPO

La question que se posait le professeur Kanoski et ces collègues était la suivante : que se passerait-il si on coupait chirurgicalement une partie du nerf vague d’un rat ? L’origine de cette question tient au fait que l’on voyait une utilité au nerf seulement lorsque l’animal mangeait. Le professeur s’est alors demandé si ce nerf ne servait pas aussi à mémoriser les endroits où il y avait de la nourriture pour revenir la chercher plus tard.

Quelques exemples des expériences menées

Dans une expérience, les scientifiques ont placé les rats dans un endroit qu’ils connaissaient déjà. Puis, à l’aide de lumières intenses, ils les ont poussés à sortir. Il s’est avéré que les rats ayant subi un dommage au nerf vague ont eu des difficultés à trouver la sortie, alors que leurs congénères n’ont eu aucun mal à s’échapper.

Dans une seconde expérience, les scientifiques ont dissimulé de la nourriture plusieurs fois d’affilée au même endroit. Les rats opérés ont à nouveau eu des difficultés à retrouver la nourriture.

Les résultats des expériences

Lorsque les chercheurs ont examiné le cerveau des rats qui avaient des nerfs vagues modifiés, ils ont constaté qu’il y avait une diminution de l’activité dans l’hippocampe. Cette zone du cerveau implique différents types de mémoire, notamment la détermination de la position à la fois de son propre corps et des objets dans l’espace. Seconde observation, le nombre de plusieurs protéines dans l’hippocampe les rats a diminué. Celles-ci sont responsables de la création de nouveaux neurones et de synapses. Ces protéines jouent elles aussi un rôle dans la formation des souvenirs.

Cependant, les souvenirs influencés par l’opération ne se limitent qu’à certains domaines, notamment celui impliquant la localisation d’objets et de lieux dans le monde extérieur. Séparer le nerf « ne semble pas contribuer à un déficit général de la mémoire », a déclaré le professeur Kanoski. « Ce n’était pas juste se souvenir de s’ils avaient déjà vu un objet, c’était se souvenir d’où est-ce qu’ils avaient déjà vu cet objet. »

« Si les résultats s’appliquent également aux humains, la découverte pourrait avoir des implications étendues », a-t-il ajouté.

Les influences de cette découverte sur des médicaments et la compréhension de la maladie d’Alzheimer

Commençons dans un premier temps par les traitements actuels. Il faut savoir que de nombreux médicaments existent pour lutter contre la prise de poids. Cependant, ceux-ci se concentrent principalement sur le nerf vague. Cela voudrait dire que ces traitements peuvent potentiellement nuire à la mémoire. Ainsi, ces traitements devraient être réévalués pour tenir compte de cette étude.

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Crédits : Flickr/ A Health Blog

D’un autre côté, « la voie biologique du nerf vague pourrait justement être ciblée pour sa fonction sur la mémoire, a déclaré Kanoski. Ainsi, prendre plus soin de celle-ci pourrait améliorer la mémoire des gens, cela doit cependant être confirmé par la recherche. »

Si cette possibilité est confirmée, un nouveau type de thérapie pourrait voir le jour. Elle pourrait aider à soigner des maladies telles que la maladie d’Alzheimer, a déclaré Kanoski.

« Bien que cela ne conduise pas directement à des remèdes immédiats pour la maladie d’Alzheimer et la déficience cognitive, savoir comment la mémoire est normalement régulée peut potentiellement aider à créer de nouveaux traitements », a-t-il ajouté.

Rappelez vous, des chercheurs avaient déjà réussi à ralentir la progression de la maladie chez des rongeurs.

Source : LiveScience – Nature

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