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La Chine teste le moteur de sa future fusée martienne

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Un essai à chaud du moteur-fusée liquide YF-130 le 5 novembre 2022. Crédit : CASC

La Chine a achevé un premier essai à chaud d’un nouveau moteur à kérosène-oxygène liquide quatre fois plus puissant que le plus puissant moteur actuel du pays. À terme, ce nouveau modèle – le YF-130 – équipera le futur lanceur lourd Longue Marche 9, qui prévoit d’envoyer des astronautes chinois vers la Lune et vers Mars.

L’assemblage du premier moteur à kérosène-oxygène liquide YF-130 avait été achevé en 2019. Désormais, place aux premiers essais. Le test complet du moteur à cycle de combustion étagé kérosène-oxygène liquide à double tuyère de 500 tonnes a eu lieu le 5 novembre dernier.

Le moteur, aussi appelé YF-130, est développé par le sixième institut de la China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC), une entreprise publique géante et le principal entrepreneur spatial du pays. Il serait plus de quatre fois plus puissant que les moteurs kérosène-oxygène liquide YF-100 actuels du pays. Ces derniers, qui produisent environ 120 tonnes de poussée, sont utilisés sur les fusées Longue Marche 5, 6 et 7.

Ce nouveau moteur ultra puissant équipera normalement le premier étage de la fusée super lourde Longue Marche 9, dont le développement a été annoncé l’année dernière. En septembre dernier, les ingénieurs avaient également mené des tests similaires sur le moteur à hydrogène liquide-oxygène liquide qui équipera l’étage supérieur de la fusée.

Côté caractéristiques, la fusée Longue Marche 9 devrait pouvoir lever environ 130 tonnes de charges en orbite basse, et environ cinquante tonnes en orbite lunaire. Physiquement, imaginez un noyau de dix mètres de diamètre équipé de boosters latéraux de cinq mètres de diamètre. La Chine aimerait également rendre cette fusée en partie réutilisable, prenant ainsi exemple sur SpaceX.

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Tableau comparatif de 9 lanceurs super lourds, classés par hauteur. Crédits : Thorenn/Wikipédia

De grandes ambitions

Ce lanceur sera utilisé pour les futurs missions lunaires du pays. Il est en effet prévu que la Chine construise une base de recherche au niveau du pôle sud lunaire, en collaboration avec la Russie.

La Chine, à l’instar de la NASA ou de SpaceX, prévoit aussi une exploration humaine de Mars dès 2033. Des lancements en équipage vers Mars seraient également prévus en 2035, 2037, 2041 et au-delà. En amont, la Chine prévoit l’envoi d’une sonde visant à étudier les zones d’établissement possibles et de robots chargés de construire des systèmes permettant l’extraction de ressources in situ, telles que la glace d’eau, la génération d’oxygène et la production d’électricité.

Entre-temps, la Chine pourrait également s’appuyer sur la Longue Marche 9 dans le cadre de sa mission visant à rapporter des échantillons de Mars deux ans avant la NASA.