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La Chine s’intéresse grandement aux réserves brésiliennes de niobium

Crédits : Dnn87 / Wikipedia

Généralement, on utilise le niobium comme agent d’alliage à l’acier, ce qui permet d’alléger le poids de ce dernier tout en le rendant plus résistant. Présenté comme un allié de l’environnement, il est massivement exploité par le Brésil. Ce pays détient d’ailleurs l’écrasante majorité des réserves mondiales connues. Néanmoins, selon le président brésilien Jair Bolsonaro, la Chine s’y intéresse de très près et représente une menace.

Qu’est-ce que le niobium ?

Élément chimique de numéro atomique 41 (Nb), le niobium se présente dans forme simple comme un métal de transition gris, assez mou et pouvant être allongé, étendu ou encore étiré sans se rompre facilement. Il résiste également aux très hautes températures, ainsi qu’à la corrosion et c’est un bon conducteur d’électricité. Mélangé à l’acier, le niobium permet notamment de rendre les structures plus légères et plus résistantes aux contraintes mécaniques. Rare, on l’utilise beaucoup pour les automobiles, la pétrochimie, les réacteurs nucléaires, les éoliennes, les aimants supra-magnétiques ou encore les moteurs d’avion.

Comme le rappelait un article publié par Rest of World le 25 novembre 2020, le premier producteur mondial de niobium n’est autre que le Brésil. Le géant sud-américain détient en effet pas moins de 85 % des réserves mondiales connues. Par ailleurs, 75 % de ces mêmes réserves sont assurées par une seule compagnie : la Société brésilienne de métallurgie et d’exploitation minière (CBMM).

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Crédits : Refractorymetal.org

La Chine lorgne sur les réserves

En 2016, le controversé président brésilien Jair Bolsonaro qualifiait le niobium d’atout inestimable pour le pays. L’intéressé avait mentionné la célèbre Silicon Valley californienne et évoqué son rêve : l’apparition d’une “Niobium Valley” au Brésil. Le chef d’État avait également déclaré que le niobium pourrait un jour devenir plus important que le pétrole. Toutefois, un élément perturbateur pourrait contrecarrer les plans brésiliens : la Chine.

En 2011, la CBMM a ouvert en toute discrétion son capital à des aciéries chinoises. Il faut savoir que les Chinois ont fait du niobium une ressource stratégique de leur développement industriel. Or, ceci se traduit dans les chiffres. En 2018, la CBMM a exporté plus de 84 000 tonnes de niobium, dont environ 30 000 vers la Chine. Par ailleurs, la société China Molybdenum Corporation (CMOC) a pris les devants dès 2016 en acquérant deux mines brésiliennes. Or, celles-ci représentent environ 10 % de la production mondiale.

Jair Bolsonaro contre-attaque

Lors de sa campagne présidentielle de 2018, Jair Bolsonaro avait montré sa colère en affirmant que la Chine voulait “acheter le Brésil”. Malgré ce coup de sang, l’avancée chinoise se poursuit inexorablement. De plus, le gouverneur de l’État brésilien du Minas Gerais où se trouve la majeure partie du niobium ne va pas dans le sens de son président. L’intéressé a annoncé vouloir privatiser Codemig, une société d’État exploitant le niobium, afin de procéder à un allégement de la dette publique.

Jair Bolsonaro est naturellement contre cette mesure. Ce dernier juge plus judicieux de vendre Codemig à la CBMM déjà solidement majoritaire dans le pays. Par ailleurs, le président a proposé un plan pour ouvrir de nouvelles mines à l’exploitation. Seulement voilà, les zones concernées se trouvent en pleine Amazonie, ce qui a attisé la colère des écologistes.