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La capsule Starliner de Boeing vient d’essuyer un examen (très) critique

Crédits : Boeing

Sept mois d’enquête viennent de mener un groupe de la NASA à effectuer 80 recommandations pour améliorer la capsule Starliner, qui n’a pas réussi à rejoindre l’ISS en décembre dernier. Autrement dit, Boeing a du pain sur la planche.

Pour son programme de vols commerciaux, la NASA s’est engagée en 2014 avec deux prestataires : SpaceX et Boeing. Dès lors, SpaceX s’est attelé à développer sa capsule Crew Dragon, tandis que Boeing a imaginé sa propre capsule, nommée Starliner. Ces deux sociétés ne sont pas réellement en concurrence. Toutes deux doivent normalement fournir des prestations à la NASA.

Un premier vol d’essai loupé

Dans le cadre du développement de sa capsule, censée, à terme, transporter des astronautes américains vers la Station spatiale internationale (ISS), Boeing a effectué un premier test sans équipage en décembre dernier. Au cours de cette manoeuvre, Starliner devait donc réussir à rejoindre la station en orbite.

Malheureusement, le vaisseau a connu un problème de logiciel dès son entrée dans l’espace, entraînant ce que la NASA appelle une off-nominal insertion. Autrement dit, la capsule s’est placée sur la mauvaise orbite, ce qui l’a amenée à brûler un excédent de carburant. De ce fait, elle n’a finalement pas pu rejoindre l’ISS.

Un peu plus tard, deux autres défaillances ont été relevées. La première concerne les communications entre les opérateurs au sol et la capsule. Le second point concerne encore un souci de logiciel, qui aurait pu entraîner une collision entre la fusée et la capsule au moment de leur séparation dans la haute atmosphère.

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La capsule Starliner le 22 décembre 2019, peu de temps après son atterrissage à White Sands. Le vaisseau venait alors d’échouer dans son test visant à rejoindre l’ISS. Bill Ingalls / NASA via AP)

Du pain sur la planche

Évidemment, tout ne peut pas être parfait du premier coup. Après tout, ces tests sont faits justement pour isoler les différents points à améliorer. Néanmoins, ce fut une grosse déception pour la NASA, mais surtout pour Boeing. D’autant que le 30 mai suivant, SpaceX livrait avec succès ses premiers astronautes à l’ISS. Autrement dit, Boeing avait donc pris un sérieux retard.

En mars, un premier rapport examinant les raisons de cet échec a présenté des conclusions préliminaires, avec une liste de 61 correctifs à apporter. Il y a quelques jours, un second rapport d’examen a été publié. Celui-ci, plus complet, développe cette fois 80 recommandations (soit 19 de plus).

Ces 80 recommandations ne sont pas accessibles au public car elles contiennent des données sensibles, mais la NASA a communiqué une idée générale de ce qui doit être fait. Il s’agira de revoir tous les logiciels, de mettre en place des tests et simulations améliorés, mais aussi des changements organisationnels au sein de la société.

Bref, Boeing doit se retrousser les manches. La société, partenaire de longue date de la NASA, travaille déjà sur certaines de ces recommandations et vise un deuxième test de sa capsule plus tard cette année (aucune date précisée).

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Illustration d’artiste de la capsule Starliner en orbite autour de la Terre. Crédits : Wikipedia

La NASA “obsédée” par SpaceX

De son côté, la NASA assure que les relations de l’agence avec Boeing restent intactes et que la société ne jouera pas de “second rôle” derrière SpaceX.

Concernant les raisons pour lesquelles le test Demo-2 de SpaceX s’est déroulé sans encombres tandis que celui de la capsule Starliner implique des dizaines de correctifs, la NASA semble faire son petit mea-culpa.

Steve Stich, directeur du Crew Program de la NASA, a en effet souligné en conférence de presse que l’agence avait été « obsédée par la nouvelle approche de développement de logiciel de SpaceX », jugée non traditionnelle.

Concrètement, Boeing avait déjà travaillé sur de grands projets de la NASA, que ce soit sur le programme de la navette spatiale ou celui de la station spatiale. Ainsi l’agence, habituée à leurs procédures, a préféré se concentrer sur les efforts de SpaceX.

Finalement, avec le recul, les responsables de la NASA concèdent le fait de n’avoir peut-être pas pris le temps nécessaire pour juger l’approche plus traditionnelle de Boeing.