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Un nouvel espoir pour les koalas atteints de chlamydia

Crédits : StockSnap/pixabay

La recherche d’un étudiant vétérinaire en Australie a permis d’accélérer le rétablissement de centaines de koalas atteints de chlamydia. Cette bactérie, qui affecte aussi les humains, est la principale cause de décès de ces animaux.

La chlamydia est une maladie sexuellement transmissible (MST) causée par la bactérie Chlamydia trachomatis. Elle affecte les humains, le plus souvent de jeunes femmes de 15 à 24 ans. On estime à environ 131 millions le nombre de cas de cette infection sexuellement transmissible diagnostiqués chaque année dans le monde, où elle semble se multiplier. En France, par exemple, les cas enregistrés ont en effet triplé entre 2012 et 2016 (268 000 contre 77 000 quatre ans plus tôt).

Ceci dit, la chlamydia touche également les koalas (toujours par contact sexuel). Près de la moitié de ces animaux sont en effet touchés. Les chercheurs ignorent encore pourquoi précisément. En revanche, nous savons que comme chez les humains, cette bactérie peut provoquer une inflammation sévère des yeux, des voies génitales et des organes reproducteurs. Si elle n’est pas traitée, elle peut également entraîner une cécité et une infertilité permanentes.

Elliot Grossman, étudiant à la Cummings Veterinary School de l’Université Tufts (Massachusetts) prend ce sujet très au sérieux. “Je sais que l’idée d’une maladie sexuellement transmissible humaine chez les koalas peut sembler loufoque“, explique-t-il. “Mais cette infection bactérienne, causée par une souche différente de la bactérie non contractée chez l’homme représente un risque important pour leur survie“. C’est en effet l’une des principales causes de décès chez les koalas.

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Crédits : Holgi/pixabay

Sélectionner le meilleur antibiotique

Pour la traiter, les vétérinaires s’appuient sur les mêmes antibiotiques que ceux utilisés par les humains. En revanche, leur taux de réussite varie et leurs effets secondaires peuvent être nocifs pour ces animaux. Les vétérinaires enregistrent par exemple une perturbation de leur microbiote intestinal permettant la digestion des feuilles d’eucalyptus dont ils raffolent.

Dans le cadre d’une étude récente, le jeune chercheur a donc mené une première analyse comparative des antibiotiques les plus couramment administrés aux koalas souffrant de chlamydia. Il s’est notamment concentré sur deux d’entre eux : le chloramphénicol et la doxycycline. Le premier est le plus utilisé des deux. Or, il semblerait que second soit finalement plus fiable pour vaincre l’infection. En outre, il produit également moins d’effets secondaires.

Pour en arriver à ces conclusions, Elliot Grossman et son équipe ont suivi les dossiers de 311 koalas atteints de chlamydia. Il en est ressorti que les animaux traités au chloramphénicol étaient plus susceptibles d’éprouver un “échec du traitement”. Autrement dit, l’antibiotique ne parvenait pas à réduire l’infection. De plus, les koalas traités au chloramphénicol étaient plus susceptibles de développer des diarrhées et des infections vaginales aux levures. Ils souffraient également davantage de déshydratation et d’un dysfonctionnement de la moelle osseuse. En comparaison, les koalas traités à la doxycycline ne présentaient quasiment jamais d’effet secondaire nocif.

Adam South, coauteur de ces travaux, souligne que des centaines de koalas dans toute l’Australie ont d’ores et déjà bénéficié de cette recherche, indiquant que la doxycycline est actuellement le meilleur des deux antibiotiques. Cette étude représente ainsi une vraie lueur d’espoir pour cette espèce menacée.