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Jusqu’à plus de 250 km/h en rafale : l’Islande frappée par un intense blizzard

Un décor féerique capturé à Akureyri ce 11 décembre 2019. Crédits : @Canerinhavasi / @StormchaserUKEU.

Du mardi 10 au mercredi 11 décembre, l’Islande a été frappée par un puissant blizzard. Associé à la dépression Brenda, il a nécessité le déclenchement d’une vigilance rouge dans le nord-ouest du pays. Une première depuis que le système d’alerte a été mis en place.

Des vents parfois proches des records absolus

La dépression très active à l’origine de cette forte tempête de neige était attendue depuis plusieurs jours. Aussi, les prévisions présageaient un événement particulièrement puissant. Et elles ont vu juste. En plaine, on a fréquemment relevé des rafales de vent avoisinant les 120 km/h. Dans les fjords et dès les premières hauteurs, les 140 à 150 km/h étaient facilement atteints. On notera entre autres 148 km/h à Ennishál, 167 km/h à Hallsteinsdalsvarp ou encore 169 km/h à Kerlingarfjöll.

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Image satellite infrarouge de la dépression Brenda le 10 décembre. Par la suite, le système s’est déplacé vers l’est en s’affaiblissant progressivement. Crédits : NOAA Environmental Visualization Laboratory.

Une valeur extrême de 255,6 km/h a même été mesurée à Skálafell. Il s’agit d’une station particulièrement exposée située sur un relief volcanique à 770 mètres d’altitude au sud-ouest de l’île. En sachant que le record absolu national est de 267,1 km/h à Gagnheiðarhnúkur et remonte au 16 janvier 1995.

Enfin, en termes de vent moyen sur 10 minutes, des valeurs d’intensité équivalente à un ouragan de catégorie 3 voire 4 ont été observées. Ainsi, on a mesuré jusqu’à 209 km/h, là aussi à la station de Skálafell. Le record absolu national en vent moyen étant de 225 km/h le 20 janvier 1998 à cette même localité. Il va sans dire qu’avec une telle agitation, c’est une mer complètement démontée qui a entouré l’île.

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Le blizzard fait son cirque à Akureyri. Crédits : Stella Arnadottir / @StormchaserUKEU.

Blizzard : fortes accumulations de neige et blanc-dehors 

En plus du vent, d’abondantes précipitations furent de la partie. En conséquence, les cumuls de neige ont été importants. Sur une large partie nord du pays, les rafales tempétueuses venues de l’Arctique ont apporté une couche de 1 à 2 mètres. Bien évidemment, on pouvait mesurer plus au niveau des congères. Par ailleurs, l’effet de poudrerie était tel qu’un blanc-dehors pouvait être rencontré en cours de journée.

Le centre dépressionnaire a transité entre le sud et l’est du territoire comme on peut le voir sur les cartes de pression réduite au niveau de la mer. Cette dernière s’est abaissée jusqu’à 949 hectopascals. Pour le coup, on se situe loin du record absolu national. Et pour cause, il est établi à 919,7 hectopascals ! Toutefois, on l’a vu, cela n’a pas empêché les vents d’être exceptionnellement puissants. En effet, le paramètre fondamental est le gradient de pression et non sa valeur absolue.

Pression de surface le 10 décembre à 18H00, heure locale. Plus précisément, notez le resserrement des isobares sur le nord et l’ouest du pays. En somme, une situation de forte tempête. Crédits : @birtalif.

Les quelques vidéos présentées ci-dessous témoignent bien des conditions dantesques qui ont fait rage durant cet épisode météorologique. Malgré la propension du pays à se situer sur la trajectoire de dépressions tempétueuses, il s’agit néanmoins d’un événement remarquable.

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Encore une fois, les narvals nous étonnent

Damien Altendorf

Rédigé par Damien Altendorf

Habitant du Nord-est de la France, je suis avant tout un grand passionné de météorologie et de climatologie. Initialement rédacteur pour le site "Monsieur Météo", je contribue désormais à alimenter celui de "Sciencepost".