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Jusqu’à 100 loups pourront être abattus cette année en France

Crédits : Pixabay

Jusqu’à 19 % des loups présents sur le territoire pourront être abattus cette année. Soit une centaine de spécimens. C’est deux fois plus qu’en 2018. Les associations de protection des animaux s’offusquent, pendant que les éleveurs applaudissent.

Le 24 février, lors de sa visite du Salon de l’agriculture 2019, en réponse à un éleveur, le Président français Emmanuel Macron avait évoqué la question du loup sur le territoire français. Il avait alors envisagé d’augmenter le niveau actuel d’abattage annuel de 12 % actuellement à 17 % (voire 19 %). Cette mesure, si elle devait être appliquée, ne devrait l’être que si le nombre de loups en France dépassait la barre des 500 individus. Au dernier décompte, il y en aurait désormais plus de 530. Certaines promesses étant plus faciles à tenir que d’autres, le 26 juillet dernier, un arrêté a donc relevé le seuil autorisé pour l’abattage de loup à 17 % (avec une majoration possible de 2 % si ce quota était atteint avant la fin de l’année).

Déjà 51 loups abattus

Autrement dit, ce nouvel arrêté autorise la mise à mort de 90 canidés, voire 100 avec les 2 % supplémentaires. En 2018, on rappelle que les autorités françaises avaient autorisé l’abattage de 53 loups sur son territoire, et que « seuls » 38 avaient bien été tués. Selon un rapport du Cercle 12, un groupement de quelque 170 éleveurs ovins de l’Aveyron, 51 loups auraient d’ores et déjà été tués depuis le début de l’année en France. Autrement dit, jusqu’à 39 spécimens pourraient être « prélevés » jusqu’au 31 décembre.

On note par ailleurs que ce nouveau texte autorise les tirs dès maintenant. Et non plus le 1er septembre comme ce fut le cas auparavant. Cette nouvelle décision, dans son ensemble, est bien évidemment saluée par les éleveurs. L’Association pour la Protection des Animaux sauvages (Aspas) et l’Association pour la Défense des grands Prédateurs Ferus, eux, ont annoncé de leur côté avoir déjà déposé une requête contre l’arrêté devant le Conseil d’État.

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Un loup des Apennins dans le Massif central. Crédits : Wikipédia

Des mesures contre-productives

Rappelons que le loup est une espèce protégée en France depuis 1992. Des dérogations sont néanmoins possibles lorsque la pression de prédation sur les troupeaux devient trop importante. C’est donc visiblement le cas ici. On autorise alors les tirs de défense pour effrayer l’animal, ou des tirs de prélèvement. Or, des chercheurs rappellent sans cesse que l’efficacité des tirs sur les loups pour la protection des troupeaux n’a jamais été prouvée. Et qu’ils pouvaient même être contre-productifs. Si un spécimen alpha est en effet tué, par exemple, la meute va s’éparpiller, augmentant ainsi les risques de prédation.

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