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On en sait plus sur la formation de Jupiter, la doyenne de notre Système solaire

Crédits : iStock

Selon une étude publiée le lundi 12 juin 2017, Jupiter s’est formée en un temps record. Son noyau rocheux se serait concentré en moins d’un million d’années après la formation de notre Système solaire. Deux millions d’années plus tard, ce noyau aurait déjà atteint cinquante fois la masse de la Terre.

Soleil mis à part, Jupiter est un peu notre mère à tous, la patronne, la nounou… appelez-la comme vous voulez. La géante de gaz est non seulement le corps le plus massif de notre système, mais c’est également le plus ancien, formé en un temps record. En échantillonnant et analysant des météorites anciennes, une équipe de chercheurs du Lawrence Livermore National Laboratory, en Californie, a pu construire des modèles informatiques simulant la naissance de Jupiter aujourd’hui considérée comme la pionnière.

Notre Système solaire serait né d’un disque de poussière et de gaz il y a 4,6 milliards d’années. La gravité faisant son effet, des corps ont commencé à se former. Les géantes de gaz d’abord puis les planètes telluriques qui durent se contenter des « restes ». En dépit du fait qu’elle est principalement composée de gaz, Jupiter pèse environ 300 masses terrestres et serait apparue la première agglutinant un maximum de matériel avant que le reste de la « portée » solaire n’apparaisse. Première arrivée première servie donc, mais Jupiter a également joué son rôle de grande sœur.

Selon ces nouvelles simulations, lorsque le système solaire était d’environ un million d’années, la gravité de Jupiter était en effet assez forte pour « empêcher » les roches de franchir son orbite, coupant à ce moment précis le Système solaire interne du Système solaire externe. Alors que le système était âgé d’environ quatre millions d’années, Jupiter aurait déjà atteint les 50 masses terrestres, se rapprochant du Soleil et permettant aux astéroïdes externes de se mélanger aux roches intérieures. Aujourd’hui, ils se confondent en une seule ceinture entre Mars et Jupiter. Quelques-unes de ces roches ont ensuite atterri sur Terre, permettant aux chercheurs de les étudier.

Cette nouvelle étude ajoute des éléments de preuve à l’idée que Jupiter a donc temporairement divisé la population de météorites dans le système solaire : celles entre Jupiter et le Soleil d’un côté et celles au-delà de Jupiter de l’autre. Si l’une de ces pierres se retrouvait dans votre arrière-cour, vous ne pourriez faire la différence. Les chercheurs sont en revanche aujourd’hui capables de mesurer des signatures chimiques spécifiques pour chaque météorite, révélant non seulement l’âge des roches, mais déterminant également le groupe auquel elles appartenaient autrefois.

Les groupes de météorites se sont séparés environ un million d’années après la formation du système solaire, avant de se regrouper environ quatre millions d’années après la formation selon la nouvelle analyse. Quelque chose doit les avoir séparés et selon les auteurs de l’étude, la coupable ne peut être que Jupiter.

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