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Jupiter n’a pas toujours été installée au même endroit

Crédits : TBIT / Pixabay

Une récente étude suggère que Jupiter ne s’est pas formée à son emplacement actuel. Il y a 4,5 milliards d’années environ, la géante était quatre fois plus éloignée du Soleil.

Migration planétaire

Les géantes gazeuses évoluant dans d’autres systèmes ont une relation, disons, très “proche”, avec leur étoile. Selon la théorie, ces planètes se sont formées plus loin, avant de migrer vers l’intérieur. En partant de ce principe, une équipe d’astronomes de l’Université de Lund (Suède) a tenté de retracer le parcours de Jupiter, d’il y a 4,5 milliards d’années à nos jours. Et de nouvelles simulations informatiques suggèrent que la patronne du Système solaire a effectivement “changé de place” au cours de cette période.

Si nous retrouvons actuellement la géante de gaz à environ 780 millions de km du Soleil, les résultats montrent que Jupiter s’est formée à une distance quatre fois plus éloignée il y a 4,5 milliards d’années. À l’époque, la planète était toute jeune, formée à partir de la poussière cosmique entourant le jeune Soleil. « C’est la première fois que nous avons la preuve que Jupiter s’est formée loin du Soleil, avant de migrer vers son orbite actuelle », confirme en effet Simona Pirani, principale auteure de l’étude.

jupiter Io Europe
Euorpe, Io et Jupiter en arrière plan. Crédits : Wikipédia

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs se sont penchés sur l’évolution migratoire des milliers d’astéroïdes troyens gravitant autour de Jupiter. Ces objets se décomposent en deux groupes : l’un devant Jupiter, l’autre derrière. Mais ces populations ne sont pas égales. Il y a environ 50 % de plus d’astéroïdes “chevaux de Troie” devant Jupiter que derrière. Et c’est justement cette asymétrie qui a permis de comprendre la migration de Jupiter.

Quatre fois plus éloignée

Jusqu’à présent en effet, on ne comprenait pas pourquoi les deux groupes ne contenaient pas le même nombre d’objets. Il s’avère au final que c’est bien Jupiter qui a façonné le destin de ces astéroïdes. Les simulations informatiques suggèrent que l’asymétrie actuelle n’aurait en effet pu se produire que si Jupiter s’était formée à un peu plus de trois milliards de kilomètres du Soleil, avant de migrer vers sa position actuelle. Au cours de son voyage vers l’intérieur du système, l’attraction gravitationnelle de la planète a progressivement attiré plus d’objets troyens devant elle que derrière elle.

Les résultats suggèrent par ailleurs que cette migration a pris du temps : environ 700 000 ans, et qu’elle fut entamée environ 2 à 3 millions d’années après la formation de la planète. Jupiter, à l’époque, n’était pas plus grande que les autres planètes, et était probablement composée de glace. L’évolution s’est également faite en spirale, suivant un chemin de plus en plus étroit autour du Soleil.

Le scénario concerne ici Jupiter, mais il y a fort à parier que les trois autres géantes de gaz – Saturne, Uranus et Neptune – aient suivi une évolution similaire. Notons enfin que selon la théorie, ces astéroïdes sont encore probablement constitués de blocs de construction similaires à ceux qui ont formé le noyau de Jupiter. Pour les étudier, la NASA a d’ores et déjà prévu d’envoyer un vaisseau sur place, en 2021. La sonde spatiale Lucy devrait normalement étudier six de ces astéroïdes.

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